
A la fin de La Muraille invisible, la fille de Wallander, Linda, lui avait fait une surprise de taille : elle a choisi d’être policière, comme lui.
Nous suivons dans ce roman sa première enquête. Elle enquête d’ailleurs un peu malgré elle puisque tout commence par la disparition d’une de ses amies d’enfance, Anna. Parallèlement, des animaux sont immolés : des cygnes brûlent dans les airs, un taureau flambe, … et si ces sacrifices n’étaient qu’un avertissement suggérant un vaste sacrifice humain ? C’est un meurtre atroce commis dans une forêt, une femme démembrée retrouvée près d’une Bible annotée qui va déclencher réellement l’enquête.
Linda est à une semaine de son entrée officielle dans la police, ce qui ne l’empêchera pas de revêtir son « uniforme invisible » pour observer, fouiner, interroger, épier… Bref, elle a les mêmes instincts que son père même si celui-là en a souvent après son audace et sa témérité. Cette relation père-fille est un des points forts du roman car chez Mankell, la dimension psychologique est très importante. L’enquête débouche assez rapidement sur la voie de l’extrémisme chrétien. Comme d’habitude, le lecteur en sait un peu plus que les enquêteurs, l’intrigue avance lentement mais c’est tout le charme des polars de Mankell. Wallander s’est effacé pour laisser la place à sa fille, ça ne m’a pas déplu, j’ai trouvé très justes les tâtonnements, les maladresses, les hésitations de la débutante mais qu’en sera-t-il quand ce cher Wallander disparaîtra complètement ? Le fera-t-il vraiment ? Il ne me reste plus que deux tomes de cette série si attachante pour pouvoir y répondre…
Une jolie réflexion sur le « chemin » (à prendre dans tous les sens du terme) au début du roman : « Pour peu qu’on accepte de se perdre, l’inattendu est au rendez-vous. Pour peu qu’on ose se fier au détour, on fait des découvertes que ne soupçonneraient jamais ceux qui s’en tiennent aux autoroutes. Je cherche les sentiers perdus qui attendent d’être tirés de leur sommeil. Les maisons abandonnées ne vont pas bien. Pareil pour les sentiers. Si on ne les fréquente pas, ils meurent. »
Une dernière remarque qui n’a rien à voir avec ce roman en particulier. Je constate, lors de toutes mes lectures (ou presque toutes, soyons honnête), des erreurs, des coquilles, des fautes de frappe. Suis-je plus vigilante qu’il y a quelques années ou s’agit-il vraiment d’un fait récurrent et très très désagréable ? Exemples relevés ici : « il se peux », « ils rentèrent à Mariagatan » … !!!
