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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 00:00

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            Quel soulagement ! Quel soulagement d’avoir enfin atteint la fin de la plage 32, la dernière, de ce livre audio ! Bon sang, c’est à me dégoûter des livres audio !

            Cela avait pourtant bien commencé : une belle voix d’homme mûr (Didier Weil), posée et rocailleuse à souhait, des intermèdes musicaux saisissants… mais j’ai vite lâché prise.

            Tentons de résumer : Issa, un Tchétchène musulman rachitique et maladif est arrivé clandestinement à Hambourg. Le mystère qui plane autour de cet individu restera entier pour moi jusqu’au bout : s’agit-il d’un terroriste ? d’un pauvre innocent traqué à tord ? Toujours est-il qu’il est fils d’un criminel, Monsieur Karpov, qui avait confié quelques millions à une banque anglaise dirigée par Tommy Brue. Issa veut récupérer cette fortune pour le distribuer à des œuvres caritatives, seulement les polices et services secrets du monde entier sont à ses trousses (pourquoi exactement ? juste parce qu’il est le fils de ? … me voilà bien incapable de vous le dire !). Annabel Richter joue un rôle important dans ce complot puisqu’elle est l’avocate d’Issa. Et puis, Annabel est attirée par Issa et Tommy tombe amoureux d’Annabel.

            Pfffff. Non seulement je n’ai pas tout compris – et là : gros inconvénient du livre audio, difficile de revenir en arrière- je me suis même demandée s’il ne manquait pas une plage au CD… donc, en plus de nager dans un épais brouillard pas du tout de saison, je me suis royalement ennuyée. Les méandres et les subtilités des espions me sont passés au-dessus de la tête, je n’ai été surprise à aucun moment, j’ai trouvé le rythme soporifique et beaucoup trop lent.


            Je creuse pour trouver du positif : la langue de l’auteur est riche et pointilleuse, le portait des personnages est bien brossé mais quand je lis les critiques des journaux et magazines, je me demande si on parle bien du même livre « déchirant… brillant… » Je ne dois pas avoir la culture socio-politique appropriée pour saisir le talent de l’écrivain. J’ai eu l’impression d’avoir les doigts pleins d’une épaisse mélasse gluante dont je ne parvenais pas à me dépêtrer. Enfin… j’y suis parvenue.

            Sûr que je n’attaquerai pas de sitôt un roman du sieur Le Carré mais vos remarques sont les bienvenues, dites-moi si j’ai été trop rêveuse dans ma voiture et pas assez attentive… (c’est le printemps après tout !)

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 22:16

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Découverte en livre audio.

Il y en aurait à dire sur cette œuvre ! Commençons par le commencement…

            J’ai d’emblée été déçue par la voix de la lectrice. Il faut dire que je m’étais habituée à une voix d’homme lors de mes précédentes expériences livraudiesques (néologismons…), n’est-ce dû qu’à cela ? En tous cas, la voix de celle que je ne nommerai pas m’a gênée par ses sonorités légèrement rocailleuses, ses accents âpres. Je m’attendais à plus de douceur. Bon.

            Ensuite, j’ai presque immédiatement regretté de ne pas avoir lu le livre, plutôt qu’écouté. Je crois que c’est une grande œuvre d’une indéniable qualité, riche et dense, qui mérite une concentration accrue, une attention plus soutenue que celle que j’ai pu fournir entre deux ronds-points, partagée entre les préoccupations domestiques de mon chez-moi et les tracas professionnels…

            Plusieurs mots me sont venus à l’esprit : contemplation du passé d’abord. Cette œuvre ne bouge pas, l’héroïne (elle mérite assez mal cette appellation d’ailleurs) est tournée vers sa vie d’enfant et d’adolescente, elle fait revivre ses souvenirs à l’occasion de l’héritage que lui a légué sa grand-mère Bertha : une maison. Et là, le talent de l’auteur nous apparaît dans toute sa puissance : on y est dans cette maison, son plancher grince sous nos pas, les livres de la bibliothèque sont face à nous. On peut aussi s’asseoir à la petite table de la cuisine avec Iris, la narratrice. L’écriture a un pouvoir d’évocation assez particulier, rare.

            « Secrets » pourrait aussi résumer ce livre : la narratrice en déterre une importante quantité, elle fouille, elle creuse dans sa mémoire pour en extraire des tabous et des non-dits familiaux, et c’est la maison elle-même qui permettra cette re-découverte du passé.

            « Deuil » : la résurrection des souvenirs permet à Iris de faire son deuil, sans aucun doute. Il paraît même que c’est un processus inévitable. Mais le deuil est aussi un hommage, un hommage à toutes les femmes de la famille, car si l’écriture est féminine, les personnages le sont aussi. Des femmes toutes différentes : la passionnée, la pudique, l’électrique, la honteuse… Le deuil permet aussi à Iris d’assumer pleinement sa vie de femme actuelle dans les bras de Max.

 

            Mon avis est partagé : je ne remets pas en doute les qualités de l’œuvre, l’écriture est ciselée, sublimée, les descriptions et les évocations du passé sont d’une justesse remarquable. Cependant, si je suis en admiration devant ce style pur et exemplaire, un sentiment de malaise m’a envahie à plusieurs moments. Immobilisme - voilà le terme que j’aurais finalement eu envie d’utiliser pour qualifier ces retours incessants dans le passé. Comme une mouche prise au piège dans une toile d’araignée, éternellement prise au piège… Iris, elle aussi est piégée par son passé, elle s’y enferme comme dans cette maison. Et la fin m'a donné le vertige au mauvais sens du terme.

 

Le livre est un florilège de sentences dédiées à la mémoire et aux souvenirs. A collectionner !

 

« Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli »

« L’oubli partagé est un lien aussi fort que les souvenirs communs, peut-être même plus fort. »

« L'escalier n'était ni en haut ni en bas, ni dedans ni dehors.
Il était là pour assurer en douceur mais avec fermeté la transition entre deux mondes. Ainsi s'explique sans doute la prédilection des adolescents pour ce genre d'endroit, leur penchant à s'installer dans les escaliers comme celui-là, à se tenir dans l'entrebâillement des portes, à s'asseoir sur des murets, à s'agglutiner à des arrêts de bus, à courir sur les traverses d'une voie ferrée, à regarder du haut d'un pont. Passagers en transit, consignés dans l'entre-deux. »

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:37

 

 

 

 

 

J’ai découvert ce roman en livre audio (14h d’écoute) et comment vous dire cela de manière simple et sans détour ? J’ai adoré !

            Il y a de tout dans ce roman policier : on se marre, on s’indigne, on voyage, on s’interroge, on s’émerveille, on s’offusque, on se révolte… c’est génial !

            Résumons : Vicky Rai, fils d’un ministre de l’intérieur de l’Uttar Pradesh, un état du nord de l’Inde,  est un richissime connard qui une fois de plus, est resté impuni suite à un meurtre qu’il a commis. Il fête sa victoire lors d’une garden-party et… se fait assassiner. Qui l’a tué ? On découvre alors six suspects qui correspondent aux six invités possédant une arme ce jour de fête. Le récit se propose donc de nous décrire ces six assassins potentiels et c’est jubilatoire car les portraits sont plus savoureux les uns que les autres : une actrice de Bollywood qui utilise un sosie qu’elle s’est trouvée comme un objet qu’on manipule puis qu’on jette ; un bureaucrate qui se croit possédé par le fantôme de Gandhi, un aborigène habile et agile qui découvre la vie citadine et la modernité, un voleur de portable qui tombera sur un gros magot avant de tomber amoureux de la sœur de Vicky, le ministre de l’intérieur qui n’est autre que le père de la victime, et mon préféré, un Texan venu se marier en Inde, le plus grand des bêtas que la terre n’a jamais pondu. Ses bourdes, ses comparaisons folkloriques et son ignorance sont à hurler de rire.

« Ses dents de lapin étaient si proéminentes qu’il aurait pu manger du maïs à travers une palissade »

« J’étais furax comme un unijambiste à un concours de coups de pied au cul. »

« Une femme à l’air hagard m’a abordé. Vêtue d’un sari vert et d’un chemisier jaune, elle était maigre comme un pain de savon après une journée de lessive. On aurait dit qu’elle s’était coiffée avec un batteur. Elle tenait dans ses bras un petit garçon squelettique tout en os et en yeux creux qui semblait n’avoir pas mangé depuis un an. La femme n’a pas dit un mot, elle a simplement joint les mains et les a portés de son estomac à sa bouche. Il ne m’en fallait pas plus pour dégainer mon portefeuille et lui filer cinq cents roupies. A peine l’avais-je fait que j’ai été encerclé par une armée de mendiants, ils se sont dirigés sur moi comme les zombies dans La Nuit des morts vivants : des manchots, des aveugles, des qui se propulsaient sur un skate-board et des qui marchaient sur les mains. Tels des marchands de fruits exhibant pommes et oranges, ils m’ont montré leurs blessures et leurs plaies infectées, leurs membres estropiés et leur dos courbés, tout en me tendant leur sébile en fer-blanc tout aussi tordue qu’eux. Impossible de faire un pas de plus. Je suis retourné en courant à l’hôtel, je me suis enfermé dans ma chambre et j’ai enfoui ma tête dans l’oreiller. En trois jours à peine, Dehli m’avait brisé le cœur, mis la tête à l’envers et fichu l’estomac en l’air. »

« Ses hanches ondulaient comme deux chats en train de se bagarrer dans un sac ».

Chacun des six a un véritable mobile qui aurait pu les pousser au meurtre de Vicky.

            Mise à part l’intrigue rondement bien menée, les personnages taillés à la serpe, le suspense qui nous tient en haleine du début à la fin, c’est ce voyage hindou que j’ai beaucoup apprécié. L’auteur nous emmène aux quatre coins de son immense pays, nous présente un peuple coloré, dynamique et plein de ressort, nous explique ses croyances, ses mœurs et ses espoirs, nous interpelle face à une justice qui n’a de justice que le nom, nous offre un dépaysement complet. Il y a certes (et je l’espère) un peu de caricature là-dedans, mais ça n’en est que plus drôle.

Allez donc découvrir ce pays où l’on peut passer de la misère à l’opulence en un clin d’œil, de la pauvreté à la célébrité sur un coup de chance, où l’on survit grâce à la ruse, la débrouillardise, l’arnaque et la chance.

Deux petits reproches : le premier est lié à cette découverte en livre audio. Il y a pléthore de noms propres et j’ai dû m’accrocher pour suivre (mais c’est faisable bien sûr et les intermèdes musicaux sont extra) ; le second concerne la fin du roman… un peu boiteuse. Je ne peux cependant que vous conseillez ce petit bonheur parfumé au garam masala.

 

Un petit voyage visuel à défaut de ne pouvoir y aller pour de bon, dans ce pays dont on revient changé, j’en suis certaine !

 

 

 

New Dehli

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les bords du Gange

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un marché à Bombay

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:37

 

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            Résumer Beckett sans passer pour une demeurée, hum… tâche plus qu’ardue. Mais allons-y !

La nouvelle a été écrite en 1946.

            Le narrateur est un vagabond. Le texte commence par une réflexion sur la mort, l’homme préfère les morts aux vivants, ils sentent meilleur, il préfère les cimetières à la foule grouillante de vie.

            Il squatte souvent un vieux banc et se sent dérangé, un jour, par la présence d’une femme, Lulu, qu’il surnomme Anne. Est-il bien utile de dire que ces deux personnages ont des comportements plus qu’étranges ? Ils se revoient régulièrement sur ce banc sans parler. Elle l’ennuie car il doit lui céder un bout de place et ne peut plus s’allonger comme il le faisait auparavant. Elle lui propose de poser ses jambes sur ses cuisses, il accepte et cela lui procure un petit émoi mais ne le satisfait pas entièrement. Il lui demande de ne plus revenir, quitte lui-même cette place quelque temps, ils jouent au jeu du chat et de la souris mais se retrouvent tout de même.

            C’est à ce moment-là qu’il ressent ce qu’il appelle cet « affreux amour ». Elle l’emmène chez elle et se comporte avec lui comme avec un malade ou une personne âgée, non, c’est plutôt lui qui veut qu’elle subvienne à ses besoins. Il occupe une chambre de son appartement, elle lui apporte à manger, lui change son « vase de nuit » quotidiennement, et surtout, ce qui lui plaît chez elle, c’est qu’elle parle peu. Parfois, elle se met nue, mais lui n’a pas l’habitude de se dévêtir, il a toujours vécu habillé, a parfois enlevé une couche à la belle saison… Il entend souvent cris et gémissements provenant de la pièce jouxtant sa chambre qu’il ne quitte jamais, et découvre ainsi que sa compagne est sans doute prostituée. Un jour, elle lui apprend qu’elle attend un enfant de lui, mais il faut qu’elle lui montre son ventre arrondi pour qu’il la croie vraiment, et encore, il lui demande s’il ne s’agit pas de ballonnements. La naissance de l’enfant fait fuir le narrateur. La nouvelle s’arrête sur les cris du bébé et de sa compagne qui le rappelle à elle :

« Je me mis à jouer avec les cris un peu comme j'avais joué avec la chanson, m'avançant, m'arrêtant, m'avançant, m'arrêtant, si on peut appeler cela jouer. Tant que je marchais, je ne les entendais pas, grâce au bruit de mes pas. Mais sitôt arrêté je les entendais à nouveau, chaque fois plus faible certes, mais qu'est-ce que cela peut faire qu'un cri soit faible ou fort ? Ce qu'il faut, c'est qu'il s'arrête. Pendant des années, j'ai cru qu'ils allaient s'arrêter. Maintenant, je ne le crois plus. Il m'aurait fallu d'autres amours, peut-être. Mais l'amour, cela ce ne se commande pas.»

Beckett a piqué le titre d’un roman de Tourgueniev pour en faire tout autre chose, une œuvre déroutante, pessimiste et déstabilisatrice, à la fois emplie de poésie et de grotesque. Le lecteur est toujours malmené et bousculé, il passe du sourire à la grimace en une phrase sur fond d’absurde.

Ca m’a fait du bien (quoique le terme est sans doute mal choisi !) de retrouver Beckett, mais pour être tout à fait honnête j’étais contente que l’œuvre fût courte !

Je l’ai découverte en livre audio. L’idée de lire la nouvelle en sa version papier reste dans un coin de ma tête.

Deux citations révélatrices du style de notre auteur irlandais :

« Savez-vous où sont les cabinets? dit-elle. Elle avait raison, je n’y pensais plus. Se soulager dans son lit, cela fait plaisir sur le moment, mais après on est incommodé. »

« Elle se mit à se déshabiller. Quand elles ne savent plus quoi faire, elles se déshabillent, et c'est sans doute ce qu'elles ont de mieux à faire. Elle enleva tout, avec une lenteur à agacer un éléphant sauf les bas destinés sans doute à porter au comble mon excitation. C’est alors que je vis qu’elle louchait.»

 

Pour finir, citons la réplique de Hamm, le personnage principal de Fin de partie qui résume assez l’esprit beckettien :

« Vous êtes sur terre, c'est sans remède ! »

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 18:02

 

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C’est toujours pareil avec les séries : le premier tome est bien accrocheur, le deuxième  un peu négligé et le troisième carrément bâclé. J’ai ressenti cela pour Millenium en tous cas.

La première partie de ce tome 3 est d’un ennui total. Heureusement que je n’avais rien d’autre à faire qu’à écouter en voiture… si j’avais eu le bouquin en main, j’en aurais abandonné la lecture très certainement. Ce début est vraiment sans intérêt. Lisbeth Salander est à l’hôpital (encore une fois, ne lisez pas ce qui suit si vous voulez découvrir la trilogie dans un avenir plus ou moins proche). Elle se fait ouvrir le crâne pour en sortir une balle ( !), son père, Zalachenko, espion et meurtrier (qui a tenté de tuer sa fille… qui elle-même a essayé de mettre fin à ses jours), est couché dans une chambre à 15 mètres de la sienne (re- !). Pendant ce temps-là, Mikael Blomkvist fait son joli cœur et mène l’enquête avec toujours trois trains d’avance sur la police. Les Méchants tentent de s’en sortir en faisant tuer Zalachenko pour brouiller les pistes et en effaçant toutes les traces prouvant l’existence de la « Section ».  Et puis c’est tout. Des heures d’écoute pour ça.
           La seconde partie est, elle, beaucoup plus excitante. Et ça commence avec le procès de Lisbeth, tout simplement jubilatoire puisque tous ses motifs d’accusation sont mis à mal les uns après les autres par son avocate,
Annika Giannini, qui n’est autre que la sœur de Super Blomkvist ; et les salauds de l’histoire sont tous accusés par la justice de maints délits et crimes. Le roman se clôt par l’ultime vengeance de Lisbeth puisqu’elle retrouve celui qui est son frère, Ronald Niedermann, et le cloue littéralement au sol. C’est dans une ancienne briqueterie que le duel oppose les deux protagonistes et Lisbeth, faute d’être en possession d’une arme, cloue les pieds du géant au sol à l’aide d’une cloueuse. Victoire donc pour la jeune femme, mais à quel prix : ravagée aussi bien physiquement que moralement par son passé et les horreurs qu’elle a pu connaître, elle se retrouve seule (on pouvait espérer des retrouvailles plus chaleureuses entre elle et Mikael, mais non, il lui a préféré une fliquesse.) et toujours irrémédiablement asociale.

Des histoires secondaires se greffent sur la principale : celle d’Erika Berger, par exemple, qui quitte son poste de rédactrice en chef de « Millenium » pour un autre journal où elle se fait harceler par un ancien camarade de lycée (à quoi ça rime ? faire du remplissage de pages ?).

Et, pour ceux qui ont suivi ma très fine analyse pointue de La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, on « hoche » toujours autant la tête dans ce dernier tome mais avec plus de nuances : tantôt pensivement, tantôt brusquement…

Le dernier CD est suivi d’un entretien avec l’éditeur qui est aussi le traducteur de Millenium, Marc de Gouvenain (oui, celui qui traduit si bien). Il affirme que la trilogie est une « comédie humaine », il est sans doute dans le vrai. L’auteur nous offre un panel assez large de la société suédoise actuelle, nous décrit souvent avec précision ses mœurs, ses habitudes et ses manières de penser. L’écriture et la vivacité de l’intrigue (enfin pas tout le temps non plus… voir plus haut) fait également penser aux séries américaines. Enfin, le succès des trois livres est très certainement dû au personnage central, celui de Lisbeth, à la fois Fifi Brindacier (c’est Stieg Larsson lui-même qui dit s’en être inspiré), et James Bond au féminin (grâce et élégance mises à part). Son mental et son intelligence s’opposent à son physique de mini-crevette.

La rumeur d’un quatrième tome perdu et retrouvé dans l’ordinateur de feu Stieg Larsson semble être infondée. Il souhaitait pourtant écrire dix tomes !

Pour conclure, cette trilogie m’a procuré beaucoup de plaisir, et si certains passages m’ont lassée, aucun ne m’a profondément agacée. Lisbeth est une sacrée nana qu’on aimerait avoir comme copine, surtout pas comme ennemie.

Cette lecture m’a surtout donné deux envies : celle de découvrir la Suède et celle de lire d’autres auteurs scandinaves…

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 00:00

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J’ai découvert la suite de la trilogie en mode écoute, encore une fois. Disons-le tout de suite, j’ai moins aimé.

On retrouve les mêmes personnages : Mikael Blomkvist d’une part, qui poursuit son travail de journaliste pour Millenium et Lisbeth Salander d’autre part, qui vit isolée du reste de la société mais dont les traits sont encore plus nets que dans le tome 1. Comme pour Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, les deux protagonistes sont séparés, leur chemin se croiseront parfois virtuellement, Lisbeth fourrant toujours et encore son nez dans l’ordi de Mikael.

Dag et Mia Svensson, respectivement journaliste free lance et thésarde, écrivent au sujet des hommes haut placés qui participent au réseau de prostitution rapatriant des filles baltes en Suède. Le livre de Dag, sponsorisé par Millenium s’apprête à être publié quand le couple se fait sauvagement assassiner. C’est Mikael qui les découvre mais ce sont les empreintes de Lisbeth Salander qu’on trouve sur l’arme du crime abandonnée dans le couloir devant l’appartement des Svensson. Chasse à la femme décrite très vite comme une malade mentale, lesbienne et sataniste. Lisbeth avait amassé un joli pactole en détournant de l’argent à la fin du premier tome, elle l’utilise pour se cacher.

Le corps de Nils Bjurman, le tuteur de Lisbeth, est également retrouvé sans vie quelques heures après ceux de Dag et Mia. Encore un lien avec Lisbeth. Au début, seul Mikael ne croit pas à la culpabilité de son ancienne maîtresse. Il mène l’enquête. Que ceux qui souhaitent découvrir un jour le livre, s’arrêtent ici. Mikael tombe régulièrement sur un nom lié au commerce du sexe mais aussi aux découvertes que Dag s’apprêtait à faire : Zala. Il finira par obtenir la clé de l’énigme : Zala, de son vrai nom, Alexander Zalachenko, est en réalité le père de Lisbeth (et moi je l’avais deviné !!!), un tortionnaire,  un espion protégé par la Säpo, les services secrets suédois. Aidé par son fils (le demi-frère de Lisbeth), un « géant blond » qui a la particularité d’être exceptionnellement fort et grand mais aussi de ne rien ressentir physiquement, il traque Lisbeth. Insensibilité totale pour Ronald Niedermann (c’est bien facile, n’est-ce pas, pour combattre !?). Les deux ne veulent qu’une chose : tuer Lisbeth afin que leur secret soit gardé, l’identité de Zala ne doit pas être révélée et leurs petites activités lucratives doivent se poursuivre.

 

J’ai trouvé le roman ... presque féministe. Lisbeth est une petite poupée fragile en apparence, qui mène le combat comme le plus féroce des guerriers. Elle ne montre jamais ses sentiments mais respecte certains principes. C’est une justicière qui ne fait du mal qu’aux « méchants ». D’autre part, les hommes sont, pour la plupart, considérés comme des sadiques machistes, utilisant leur pouvoir masculin ou hiérarchique pour détruire les femmes. Le tome 1 déjà tournait autour de cet axe.

On ne peut que s’attacher à cette Lisbeth qui n’a vraiment pas de chance dans la vie mais qui arrive tout de même à sauver sa peau grâce à son intelligence, son agilité et ses dons.

 

           Alors, qu’est-ce qui m’a dérangée dans ce volume ?

Les invraisemblances, la fin du roman en est truffé : l’alarme qui se déclenche puis ne se déclenche plus, le gros costaud super puissant qui se laisse facilement attacher à un panneau de signalisation, les armes que Lisbeth trouve à proximité à la demande, le fait qu’elle parvienne à se déterrer toute seule (c’est vraiment bidon !).

Autre hic : les longueurs (l'appart de Lisbeth est décrit dans les moindres détails, c'est une annonce pour agence immobilière ou quoi?) et les imperfections de la langue et du style ; j’ai trouvé plus d’erreurs dans ce tome-ci que dans le premier, les lourdeurs sont parfois pénibles. Les personnages hochent la tête du début à la fin, donc j’ai eu droit à une trentaine (au moins, je ne les ai pas comptés) de « Il (ou « elle ») hocha la tête ». Peut-être que c’est le livre audio et le fait qu’on entend le texte qui rend ces gaucheries plus flagrantes. ( ?)

Enfin, âmes sensibles s’abstenir : la violence et la noirceur constituent le fil directeur de l’histoire. Ca m’a souvent remuée.

 

Je ferai donc une petite pause Millenium pour écouter un peu de musique et laisserai passer les vacances avant d’attaquer le dernier tome de la trilogie.

Millenium 2 est sorti au cinéma en juin 2010. Personnellement, je n’en ai pas entendu parler mais je rajoute une petite photo de la tête de l'héroïne dans le film :

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 11:25

 

 

           Le choix d’un livre audio est toujours mûrement réfléchi. Comme tout le monde, j’avais entendu parler de Millenium, mais la trilogie ne m’attirait pas sans que je sache précisément de quoi il en retournait.

Je me suis dit qu'au moins, je saurai de quoi ça parle… et mes trajets en voiture se révéleront peut-être moins monotones. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Après une forte mais brève appréhension lors des premières minutes d’écoute (comment enregistrer tous ces noms et toutes ces infos tout en roulant ???), je me suis laissé baigner par la voix d’Emmanuel Dekoninck qui est devenue ma compagne de route.

 

          Contrairement aux Mémoires d’Hadrien , Millenium est un roman, qui, bien évidemment, comporte des dialogues, des détails, des dates, des noms. Le lecteur ne change que très légèrement sa voix quand il passe d’une réplique à une autre mais l’oreille et le cerveau s’y font vite et on suit très bien.

 

Le début du roman met en parallèle le parcours de Mikael Blomkvist, journaliste d’investigation, et Lisbeth Salander jeune rebelle surdouée, un des meilleurs hackers de Suède. Mikael vient de subir un procès où il en ressort perdant ; Wennerström , un riche magnat industriel l’ayant accusé de diffamation. La revue Millenium que Mikael dirige avec Erika, amie et amante, coule doucement. C’est à ce moment-là qu’Henrik Vanger, un riche et octogénaire super patron, l’engage pour mener une enquête. Sa nièce, Harriet, a disparu il y a 40 ans de cela sans qu’on ne trouve jamais la moindre piste pouvant seulement révéler s’il s’agissait d’un meurtre, d’un suicide ou d’un kidnapping.

Mikael ne voit pas ce qu’il peut faire de plus, une enquête policière a déjà été menée, des moyens faramineux ont déjà été consacrés à cette énigme. Cependant, ravi de fuir Stockholm et ses obligations professionnelles, Mikael s’installe sur la petite île d’Hedeby, finit par se prêter au jeu et fouine, interroge, potasse. Il rencontre divers membres de la famille Vanger, tous plus étranges les uns que les autres. La disparition d’Harriet a coïncidé avec un accident sur le pont reliant l’île au continent. Le coupable ou les coupables se sont donc forcément trouvés sur l’île à ce moment-là ; de surcroît, une réunion occupait la famille Vanger ce jour-là. A la manière d’Agatha Christie, l’auteur nous fait comprendre que chacun des membres de la famille peut avoir un lien avec la disparition subite de la jeune fille.

           Lisbeth Salander est une jeune fille à part. Très maigre, tatouée de partout, elle ne quitte jamais son blouson en cuir élimé. Trimballée de familles d’accueil et foyers, elle est passée pour une malade mentale, refusant de répondre aux questions et surtout de vivre une existence ordinaire. Lisbeth est pourtant très intelligente et étonnamment douée en informatique. Son patron, Dragan Armanskij, a d’ailleurs très vite compris qu’elle savait se rendre beaucoup plus utile qu’à la seule tâche de préparer du café. De fil en aiguille, elle est amenée à enquêter sur Mikael Blomkvist, qui, en l’apprenant, découvre que non seulement, elle a très bien su résumer sa vie et cadrer l’homme qu’il était, mais qu’elle avait aussi découvert des choses que lui seul connaissait. . . Pas de doute, Lisbeth est entrée dans son ordinateur. Plutôt que de la traîner en justice et de l’accuser de piratage, il admire ses talents et l’embauche pour l’assister dans l’enquête « Harriet ». Les deux feront des merveilles en dénichant des indices qui permettront de découvrir la vérité. Que ceux qui souhaitent lire une jour Millenium s’arrêtent ici…

 

Harriet a disparu de son propre chef fuyant les abus et les agressions sexuelles de son père et de son frère. Mikael la retrouvera en Australie en éleveuse de moutons. Le frère d’Harriet, Martin Vanger, n’était qu’un sadique, tueur en série initié à la perversité par son propre père, fanatique des thèses nazies. Martin, après avoir tenté de tuer Mikael, jettera sa voiture contre un camion.

L’enquête terminée, c’est à Wennerström que Mikael s’en prend, toujours grâce à Lisbeth. Les deux entament une relation d’amitié qui se transforme pour la jeune femme en amour. Le tome 1 se finit là, Lisbeth ayant découvert que Mikael poursuivait sa liaison avec Erika et qu’elle avait eu tort de penser se faire une place entre eux.

 

             J’ai été vraiment frustrée de ne pas continuer ma lecture quand je le souhaitais. Les personnages sont très bien dessinés, ils sont tous ambigus, mordants, cyniques et ambitieux. Le suspense m’a parfois clouée dans ma voiture, trop impatiente que j’étais de connaître la suite.

Le livre audio du tome 2 est déjà prêt à être écouté.

Je ne savais pas que l’auteur, Stieg Larsson, était décédé en 2004 d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de Millenium. Je ne savais pas non plus qu'un film avait été réalisé, adapté de ce tome 1.

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 22:54

 

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J’inaugure une nouvelle rubrique aujourd’hui, celle des livres audio. Pourquoi ? Une seule raison pour moi : rentabiliser les longs trajets en voiture.
Mon premier choix s’est porté sur une œuvre que je n’ai jamais lue et qui m’a toujours un peu effrayée. Je n’ai aucun regret.

Le livre audio permet une autre approche de l’œuvre. On nous raconte une histoire comme maman le faisait avant le coucher du soir. Chaque mot résonne, et même si l’attention peut faiblir, elle est rapidement happée par la Voix. C’est Jean-Claude Rey qui lit Les Mémoires d’Hadrien ; sa voix d’homme mûr, sûre et posée a magnifiquement rendu la noblesse de l’œuvre et a donné vie aux souvenirs de l’empereur défunt tout en rendant le texte de Yourcenar accessible.


           Marguerite Yourcenar a écrit une autobiographie fictive de l’empereur romain Hadrien. Autobiographie fictive basée sur des faits réels, un travail de recherche et d’érudition.

Les Mémoires d’Hadrien sont ainsi un roman historique mais aussi un livre philosophique. En effet, l’empereur évoque de nombreux thèmes tels que la mort, l’amour, les livres, les femmes, la nourriture, le sommeil, les rêves, la solitude, la politique, le suicide, l’euthanasie. Il nous livre un regard empli de sagesse et d’humanité sur la vie. Celui pour qui le vrai « luxe est d’être seul » nous raconte son ascension au pouvoir, son règne et surtout son amour, son unique Amour éprouvé pour ce jeune garçon, Antinoüs, un Bithynien qui a vécu peu de temps puisqu’il s’est donné la mort, jeune.

Pour Hadrien, rien que trois manières de connaître la vie (prenez note !) : l’étude de soi - l’observation des hommes – les livres.

 

Certains extraits sont devenus célèbres ou en tous cas, méritent de l’être.

 

    « Je savais que le bien comme le mal est affaire de routine, que le temporaire se prolonge, que l'extérieur s'infiltre au dedans, et que le masque, à la longue, devient visage. »

 

  « Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'œil intelligent sur soi-même: mes premières patries ont été des livres. »

    « La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir. »

 

 

    L’art et la beauté : « À chacun sa pente : à chacun aussi son but, son ambition si l'on veut, son goût le plus secret et son plus clair idéal. Le mien était enfermé dans ce mot de beauté, si difficile à définir en dépit de toutes les évidences des sens et des yeux. Je me sentais responsable de la beauté du monde.  

Je voulais que les villes fussent splendides, aérées, arrosées d'eaux claires, peuplées d'êtres humains dont le corps ne fût détérioré ni par les marques de la misère ou de la servitude, ni par l'enflure d'une richesse grossière ; que les écoliers récitassent d'une voix juste des leçons point ineptes ; que les femmes au foyer eussent dans leurs mouvements une espèce de dignité maternelle, de repos puissant ; que les gymnases fussent fréquentés par des jeunes hommes point ignorants des jeux ni des arts ; que les vergers portassent les plus beaux fruits et les champs les plus riches moissons.

Je voulais que l'immense majesté de la paix romaine s'étendît à tous, insensible et présente comme la musique du ciel en marche ; que le plus humble voyageur pût errer d'un pays, d'un continent à l'autre, sans formalités vexatoires, sans dangers, sûr partout d'un minimum de légalité et de culture ; que nos soldats continuassent leur éternelle danse pyrrhique aux frontières ; que tout fonctionnât sans accroc, les ateliers et les temples ; que la mer fût sillonnée de beaux navires et les routes parcourues par de fréquents attelages ; que, dans un monde bien en ordre, les philosophes eussent leur place et les danseurs aussi. »

    Son cher Antinoüs : « Je n'ai été maître absolu qu'une seule fois, et que d'un seul être. Si je n'ai encore rien dit d'une beauté si visible, il n'y faudrait pas voir l'espèce de réticence d'un homme trop complètement conquis. Mais les figures que nous cherchons désespérément nous échappent : ce n'est jamais qu'un moment… Je retrouve une tête inclinée sous une chevelure nocturne, des yeux que l'allongement des paupières faisait paraître obliques, un jeune visage large et comme couché. Ce tendre corps s'est modifié sans cesse, à la façon d'une plante, et quelques-unes de ces altérations sont imputables au temps. »

    La douleur de la perte de l’être aimé : « Autour de moi, je sentais qu'on commençait à s'offusquer d'une douleur si longue : la violence en scandalisait d'ailleurs plus que la cause. Si je m'étais laissé aller aux mêmes plaintes à la mort d'un frère ou d'un fils, on m'eût également reproché de pleurer comme une femme. La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir. Toute douleur prolongée insulte à leur oubli »

    « Les idées grinçaient ; les paroles tournaient à vide ; les voix faisaient leur bruit de sauterelles au désert ou de mouches sur un tas d'ordures ; nos barques aux voiles gonflées comme des gorges de colombes véhiculaient l'intrigue et le mensonge ; la bêtise s'étalait sur les fronts humains. La mort perçait partout sous son aspect de décrépitude ou de pourriture : la tache blette d'un fruit, une déchirure imperceptible au bas d'une tenture, une charogne sur la berge, les pustules d'un visage, la marque des verges sur le dos d'un marinier. Mes mains semblaient toujours un peu sales. »

    « Moi- même, je me croyais à peu près calmé ; j'en rougissais presque. Je ne savais pas que la douleur contient d'étranges labyrinthes, où je n'avais pas fini de marcher. »

 

Un livre qu’il faudrait avoir lu au moins une fois dans sa vie.

 

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Published by Violette - dans Livres audio
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