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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 14:32

    Il s'agit du 2ème volet de Effroyables jardins.  Le narrateur est le même, ce petit garçon devenu grand, le fils du clown. Michel Quint nous ressert les ingrédients de son premier opus. Et recourt, une fois encore au retour en arrière : c’est sur la tombe de son père que le jeune homme lui raconte et se remémore les rencontres qui l’ont marqué. D’abord Inge, cette Allemande au comportement si ambigu dont il s’éprend dès le premier regard. Puis ce soldat allemand qui s’avère être le tortionnaire de son père, celui qui l’avait arrêté puis déporté.
     On tangue sans cesse entre culpabilité, pardon, rancune, rancœur, souvenirs. Le narrateur est si humain, plein de défauts, manquant de courage, ne se défendant pas et n’osant défendre son père face à l’ancien soldat allemand : « Il en riait presque… Et revenait à ton aventure, me regardait, cherchait à retrouver tes traits d’autrefois sur les miens… Il t’avait condamné à mort puis gracié et envoyé vers une autre mort, la déportation, il avait eu ce pouvoir exorbitant sur ta vie et en parlait comme d’un souvenir tendre… »

      Les passages à vide sont plus nombreux que dans Effroyables jardins, en tous cas je l’ai vécu comme ça. Mais tout s’explique à la fin, et le dénouement est fait de surprises et d’émotions. L’écriture de Quint nous colle à la peau, épouse le rythme des battements du cœur. Phrases nominales, phrases courtes et hachées. Langage oral mais soutenu à la fois. J’aime beaucoup. Il réussit avec brio à nous transmettre l’intensité des personnages, les caprices du destin, les blessures de l’Histoire. Tout est si vivant sous sa plume !

    La rencontre avec la famille qui héberge le narrateur : « Theodor est un castard à tête carrée, un type en granit, tu le croirais d’un bloc, buté-borné. Sinon qu’il vient à toi, mains tendues, avec une modestie de geste, une retenue de consolant. Et attentif à autrui. D’évidence, pas faiseur pour deux sous. Gertrud, houlàlà, c’est indiscutablement pas la walkyrie que tu imagines ! Une musaraigne, un animal des bois, une gerboise, une gerbe de blé brun plantée sur le crâne, des yeux de joujou en faïence, toujours à caqueter qu’on n’y comprend rien et à rire rien que par-devers elle et qui te sort de nulle part, sans que t’aies rien vu arriver, quel que soit le lieu de l maison où tu la croises, une assiette de gâteau et un verre de vin du Rhin, pour une petite ripaille impromptue ! »

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:25

               

                                                          Cinq nouvelles. Je ne suis pas fan de littérature pour la jeunesse mais faut bien s’y coller de temps en temps… 

-       Fausse note : un prof de musique tyrannique frappe ses élèves, particulièrement un roux, bouc émissaire de la classe. Les autres ne disent rien. L’enfant est retrouvé pendu. Plus tard, le prof est décoré des palmes académiques.

-       Marque : des élèves de 4èmedécident de créer leur propre marque, une ligne de vêtement faits de morceaux de tissus récupérés de tee-shirts offerts. Un hommage à la débrouillardise des enfants de la cité.

-       Foulard : Samira et Claire sont amies depuis toujours mais Samira a été exclue du collège parce qu’elle refusait d’enlever son foulard. Par défi, par amitié, par provocation, Claire la Blonde viendra aussi au collège voilée.

-       Accident : Le parcours d’un souffre-douleur. Sébastien est hué, Sali, humilié par tous les collégiens. Un jour, il fuit parce qu’on lui a donné l’ordre de se déshabiller, il quitte le groupe de ses assaillants, sort du collège et se fait tuer, écrasé par une voiture.

-       Correspondance : Lise écrit des lettres qu’elle n’envoie pas à son professeur de français. En parallèle, on suit la vie du prof. Lise se sent vivante grâce à lui, Lise est amoureuse de lui. Adieux muets à la fin de l’année scolaire de 3ème. 8 ans plus tard, le prof reçoit un colis : les lettres de Lise.

 

     J’ai assez aimé les deux dernières nouvelles. Par contre, dans l’ensemble, les clichés s’accumulent (n’épargnant pas les profs !)

                                          

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 09:14

     Voilà un recueil de quatre nouvelles qui traîne depuis de longs mois dans ma bibliothèque (puis sur ma table de chevet, oui, les livres voyagent parfois chez moi !). C’est une erreur de ne pas l’avoir ouvert avant ! Belle surprise !

Le Verger : Quand la tragédie se mêle à la poésie quand un conte de fée naît dans l’endroit le plus horrible

Cette nouvelle est bouleversante. C’est un conte, mais un conte qui se termine mal et commence par un prodige.

     Camp de concentration. Un petit garçon attend son tour de douche, nu parmi les autres détenus. Soudain, il s’enfuit, s’éloigne du « troupeau », court vers les barbelés. Un soldat le poursuit mais stoppe sa course l’enfant comprend alors qu’il ne le voit pas. L’endroit où il s’est arrêté est un petit verger composé d’un pommier et d’une mare. Un asile que seuls les yeux de l’enfant sont capables d’appréhender. Un sentiment formidable s’empare de nous, on a envie de croire à cette magie ! Le pommier lui fournit régulièrement des pommes et la mare des poissons à foison. C’est un îlot de paradis en plein milieu de l’enfer, un cocon où il ne fait jamais froid. L’enfant se sent pourtant seul, il partage un peu de sa chance avec les autres prisonniers en leur lançant une pomme. « Chaque jour de corvée, au même endroit, le sort jette sur leur chemin une pomme, ou un poisson vivant. Et la provenance en est si mystérieuse qu’entre ces affamés prêts à se battre au sang pour un quignon, pour une ordure, dès le deuxième jour une règle tacite s’instaure : le don du ciel échoit simplement au plus proche. Pour répartir avec plus d’équité les chances, on intervertit tout les matins les deux rangs de l’équipe ». Mais les jours passent, les hommes meurent et sont remplacés par d’autres. Un jour, le garçon hèle un jeune homme et l’incite à lui suivre jusqu’à son verger. Malheureusement, le refuge merveilleux n’est réservé qu’au petit garçon, le jeune homme se fait tuer. La solitude viendra à bout de l’enfant qui, faisant fi de son don d’invisibilité, se rue dans la foule des pauvres hères qui se massent devant les douches.

Une chance d’éviter l’extermination lui avait été offerte, mais la vivre seule ne l’intéressait pas.

Je n’ai pu m’empêcher de penser au roman-fable Le garçon en pyjama rayé de John Boyne, un petit bijou où, comme ici, les camps de concentrations sont vus à travers le regard d’un petit garçon. Quand l’horreur côtoie le monde innocent de l’enfance


Le Gouffre des années
 : L’Occupation. Un homme retourne sur les lieux de son enfance et prétend être de la même famille qu’un petit garçon qui n’est autre que lui-même. Il revoit, avec sa conscience d’adulte l’enfant qu’il était et le monde dans lequel il vivait.

La Belle Charbonnière : Un chevalier du Moyen-Age, poussé par la curiosité, rejoint une belle charbonnière qui vit seule sur un îlot. On la dit sorcière. La magnifique jeune fille ne vieillit pas, le chevalier passe des années auprès d’elle et, quand vieillard, il veut la quitter, il se rend compte qu’autour de l’îlot, plus rien n’existe, tout n’est que désolation, sans âme qui vive. La sorcière a le pouvoir de créer le vide autour de l’île. Le chevalier meurt.

Paradiso : Epoque contemporaine. Un navire rempli de touristes débarque sur une île. Admiration sur commande de tous les passagers (et par là, satire du voyage organisé). John, lui, est seul et bute contre l’inhospitalité des habitants de l’île qui s'apparente à l'univers kafkaïen, autoritaire et inquiétant. Il croisera des personnages hors du commun comme Livia la Simple, une femme qui déclare elle-même n’avoir pas de cervelle et lui demande : « Tu te sens la tête pleine, toujours ? Dis-moi, comment ça fait ? On doit se sentir fort, on doit tout savoir, tout comprendre… Tandis que moi, le vent s’engouffre dans ma tête vide, dans ma caverne, il y tourne en rond, il souffle, il griffe comme un animal enfermé ! Et puis j’ai toujours peur qu’un insecte n’y fasse son nid. Et comment  je l’en retirerais ? Pour dormir, je mets de la cire. Comme ça, je suis tranquille. Dis-moi, dis-moi,-toi qui as ta cervelle, pourquoi on est là ? Qu’est-ce qu’on fait ici ? »

Confucius disait « Savoir que l'on sait ce que l'on sait, et savoir que l'on ne sait pas ce que l'on ne sait pas : voilà  la véritable intelligence. »    !!!



   
Georges-Olivier Châteaureynaud a obtenu le Prix Renaudot pour La Faculté des Songes en 1982. Depuis 1996, il fait partie du jury de ce prix. Il s’inscrit dans le courant qu’on appelle « réalisme magique ». Son style est agréable, les phrases sont courtes, simples et son univers se situe entre merveilleux et fantastique. C'est un auteur vers lequel je me tournerai de nouveau avec plaisir!

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:40

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tome 1 : A l'arrière des berlines
tome 2 : Le dieu des chacals

     Niklos Koda travaille pour un service de renseignements. Il intervient ponctuellement ; séduire les femmes pour les faire parler sur l’oreiller est devenu sa spécialité. Dans ces deux tomes, il est question de surnaturel. Des représentants d’une île africaine viennent à Paris pour négocier des contrats pour l’exploitation de matières premières. Etrangement, tous les protagonistes français de ce marché sont victimes d’hallucinations, poursuivis par des animaux sauvages : éléphants, serpents, alligators, singes, etc. Un sorcier vaudou serait le chef d’orchestre de toute cette machination, Barrio Jesus.

    Koda est chargé de séduire la femme du représentant étranger afin d’en savoir plus. L’intrigue est séduisante, autant que le héros éponyme mais ce qui m’a gêné c’est l’imbroglio entre surnaturel et réalité qui brouille les pistes… c’est sans doute voulu, mais je n’y ai pas tellement adhéré. 
                                                                                                                                                   
  Il s’agit des deux premiers tomes d’une série de dix tomes, Dufaux esquisse le personnage de Koda et malgré les confusions et les maladresses, ce début est prometteur. Le trait de Grenson est élégant, précis et coloré, très à mon goût. Donc, oui, je pense lire la suite…


    Jean Dufaux est un scénariste de BD belge qui se caractérise par une oeuvre prolifique. On retrouve le travail du dessinateur Olivier Grenson sur son site
http://www.oliviergrenson.com/, et un petit aperçu avec ces deux planches :

 

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 22:19
... et dites "Je le jure"!
Oui je fais preuve de sincérité. Vous trouverez ici les lectures que j'ai lâchement interrompues pour ne plus jamais les poursuivre... Honte à moi, je déteste faire ça, je suis pleine de remords, je m'en veux, mais on ne vit qu'une fois et puis il y a des livres qui ne collent pas toujours avec le contexte de lecture...

- Journal de la création de Nancy Huston : j'étais emballée par la lecture de Prodige , c'est donc avec plaisir que j'ai commencé ce journal... qui pourtant, n'en est pas vraiment un. Je m'explique. Au départ, on croit qu'elle va évoquer son journal de grossesse, elle parle de la création au sens littéral du terme puis au sens artistique et littéraire. Elle évoque le mythe de Pygmalion, les relations et les conflits de couple entre Sand et Musset, entre Zelda et Scott Fitzgerald. Donc plutôt qu'un journal, le livre s'apparente à un essai sur les couples dont l'homme et la femme sont écrivains. J'ai lâché prise. C'était intéressant, vraiment, mais le livre ne correspondait pas à mon rythme de lecture et surtout pas à mes besoins du moment. Je le regrette et ne dis pas que je ne le reprendrai pas en main en jour...

- Le Portrait de Iain Pears : ça avait pourtant bien commencé! Un peintre exilé convoque son ancien ami et célèbre critique pour faire son portrait. Le texte n'est qu'un long monologue du peintre qui nous raconte comment son admiration et son amitié pour le critique s'est peu à peu transformée en mépris. Avec la meilleure volonté du monde, je n'ai pas réussi à poursuivre la lecture, le livre me tombait des mains! La quatrième de couverture promettait pourtant un drame, mais ça ne m'a pas suffi, je me suis tellement ennuyée ! Pour celui-là, c'est sûr, je ne ferai pas de seconde tentative de lecture!
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 20:49

 

Ça, c’est fait ! Ma première journée est derrière moi !

J’ai réussi à dormir cette nuit malgré quelques rêves étranges…

J’ai beaucoup bougé ce matin, gigoté, beaucoup transpiré. Il faut dire que c’était aussi jour de rentrée pour Timothée, qui en plus, fêtait ses 4 ans à l’école ne pas oublier le gâteau, les bougies, les jus d’orange, le couteau… ne pas oublier non plus la purée, la compote, les yaourts, le doudou de la pucinette… ne pas oublier de remplir le sac du Grand … ne pas oublier de préparer mon cartable mais aussi le gros carton de bouquins que j’ai achetés pour mes 6èmes…

    Arrivée au collège 1h plus tôt, eh bien, c’était tout juste pour régler tous les trucs administratifs et paperassiers. J’ai découvert au passage que chaque prof avait un ordi dans sa classe, avec obligation d’y faire le compte rendu de l’appel (je ne vous dis pas comme j’ai apprécié la nouveauté qui fait avancer le schmilblick !), par contre, j’ai aimé le cahier de texte individuel, ahhh, quelle bonne idée, les élèves ne pourront plus le perdre/l’oublier/le tagger/le manger (oui oui le manger !).

La sonnerie retentit !!! La tension monte… j’ai bien fait toutes les photocopies ? J’ai ma liste de la classe ? La salle 23, c’est bien celle-là ?

   Première heure de cours avec mes 3èmes. Il a suffi d’une petite heure de rien du tout   - même pas : 50 minutes -  pour me remettre dans le bain, retrouver les « chuuut », les « ça suffit maintenant », les « wowowooo » (hum… mes commentaires se passent de commentaire, merci ), répéter dix fois la même chose, surveiller l’heure qui bien souvent passe trop vite, tenter de mémoriser quelques prénoms, corriger les « apelle » en « appelle » et les « phémur » en « fémur »… C’est comme le vélo, ça ne se perd pas !

Comment les ai-je trouvés ces 3ème? ... très gamins, à rigoler et à papoter à tout bout de champ. Et puis, je crois que j'ai Monsieur Duchnock dans la classe, qui n'en loupe pas une pour sortir une connerie, aussi doué en français que moi en électricité ! Il répond au doux prénom de Christopher...
  L’heure avec mes 5ème a filé et celle avec mes 6ème était presque un plaisir (j’adore les petits) ; les 6ème si enthousiastes, si volontaires, si souriants, si attachants. (Ne pas oublier de relire cette bafouille quand je les maudirai 10 fois !)

 

Je n’ai plus qu’une envie maintenant :

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 09:31

 

Ayéééééé ! Demain matin, je serai au collège avec mes 3ème, pour commencer…

   J’avais la peur au ventre il y a quelques jours encore, mais là, je me sens prête, j’ai hâte. Les premières heures seront un peu stressantes, ça fait quand même 1 an ½ que je n’ai pas vu d’élève !

Alors, j’ai travaillé pendant mon congé parental… un peu ! J’ai préparé trois séquences complètes, une par niveau, dont Alice au pays des merveilles pour mes ch’tis 6ème (qui sont, d’après ma remplaçante, adorables), Vendredi ou la Vie sauvage pour les 5ème (les "turbulents" et accessoirement la classe dont je suis prof principale) et Effroyables jardins pour mes 3ème.   (pour info, une séquence complète = à peu près 20h de travail... sans les retouches de dernière minute!)



Pour les non-initiés - petit topo :

  En français, on travaille par séquence, ça correspond à un chapitre, et nous sommes en mesure de faire avaler jusqu’à 10 séquences (pour les profs-à-grande-vitesse) à nos chers bambins par année scolaire. Comment se bâtit une séquence ? On s’inspire grandement des Instructions Officielles, ce Vénéré Programme qui est de moins en moins suivi, et qu’on nous recommande même de suivre de moins en moins (suis-je claire ?). Exemple : les IO nous demande d’étudier, en 5ème,  un récit ou des récits d’aventure. Libre à nous de faire lire un bouquin entier à nos élèves ou de travailler par extraits (tirés de divers livres ou du même livre… c'est ce qu'on appelle "groupement de textes", un GT pour les intimes). Mais il faut obligatoirement qu’on ait fait trois OI (traduisez par Œuvres Intégrales, retraduisez par « lire et étudier un livre en entier ») par an et trois LC (=lectures cursives, les élèves sont livrés à eux-mêmes et lisent leur livre seuls à la maison…les pauvres bouts d’chou).
Autre problème : les sous ! Dans certains établissements, des séries sont à disposition des élèves, l’OI est donc empruntée au collège puis rendue pour que d’autres têtes blondes puissent l’étudier à leur tour, mais dans d’autres collèges, que nenni ! Dans le mien par exemple, nous ne sommes pas loin du chiffre zéro en ce qui concerne le nombre de séries disponibles ! Résultat : faire acheter 6 livres aux gamins ! Mais c’est beaucoup trop cher 6 livres ! 6 x 4 euros, vous vous rendez compte Madame ???

Il faut donc jongler avec tout ça.

Continuons à parler « séquence » : elle doit regrouper plusieurs choses : lecture, écriture, oral, mais aussi grammaire, orthographe et lexique. Et depuis cette année : histoire de l’art ! Eh oui, on nous rajoute des petits trucs comme ça de temps en temps… la mode de la « lecture de l’image » est un peu passée, il fallait trouver quelque chose qui soit à la fois tendance et culturel.

Je ne vais pas ajouter d’autres considérations au sujet de la sacro-sainte séquence, comme la recommandation officielle de la finir avant une période de vacances par exemple. Non, cessons.


    Mon cartable n’est pas encore tout à fait prêt, il faut que je le dépoussière (véridique !) avant de le remplir et que je fournisse ma trousse en stylos (un de chaque couleur), crayon, ciseaux, colle… Rigolez, rigolez, je sais que ça vous rappelle de lointains souvenirs, mais nous les profs, n’avons jamais arrêté l’école !

Ma remplaçante a bien fait son boulot… enfin, je dis ça, je constaterai de visu demain, mais en tous cas, elle m’a transmis toutes les informations nécessaires pour commencer ou plutôt poursuivre ce qu’elle a entamé.

Elle m’a, entre autres, donné la liste de mes élèves. Et … horreur ! je connais la moitié de ma classe de 3èmepour les avoir eus il y a deux ans, quand je remplaçais dans le collège. Pourquoi « horreur » ? Non, ce ne sont pas des délinquants en puissance (quoique… ils ont peut-être changé en deux ans ???), non, mais des mollassons ! Ils tournaient complètement au ralenti, une espèce très particulière avec qui j’avais tenté le secouage de cocotiers sans succès. Je suppose que la perspective du brevet ne leur bougera pas plus le popotin.

J’aurai le plaisir de rencontrer le même jour mes trois classes, comme ça, j’aurai pris la température !


    Je suis ravie de reprendre le chemin de l’école, ravie aussi et surtout d’avoir une vie sociale, d’être entourés d’enfants un peu plus grands que les miens. L’organisation enfants/boulot/trajets/courses/ménage/activités/préparation de cours/correction de copies me donne des sueurs froides, j’ai bien peur de ne pas trouver beaucoup de temps pour dormir, mais on verra bien !


Je crois aussi que mes deux trésors vont me manquer... ma missounette commence à dire "Ma ma ma ma ma" (laissez-moi croire que ça veut dire "Maman"!). C'est en tous cas avec un enthousiasme certain que je les récupérerai le soir...

Voilà. Suite au prochain numéro, après le grand plongeon!


(c’est quand les prochaines vacances déjà ? euh… j’avoue avoir regardé : c’est le 19 décembre !)

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 15:12

      Un thème apparemment peu folichon : une grève des ouvriers du bâtiment en 1950, à Brest. L'histoire (et l'Histoire) est en réalité bouleversante.
    

     Suite aux bombardements de la Deuxième Guerre mondiale, la ville de Brest a besoin d'être reconstruite. Les travailleurs du bâtiment se mettent en grève, réclamant de meilleurs salaires. Ils sont vite rejoints par les dockers et les traminots. Les patrons refusent de céder et, le 17 avril 1950, une immense manifestation syndicale est organisée. L'altercation ouvriers/policiers est violente, un homme est tué : Edouard Mazé.
       Le lendemain, René Vautier est chargé par la CGT de tourner un film relatant la motivation des grévistes, leurs conditions de travail et la ville de Brest en état de siège. René crée un film de 12 minutes, authentique et touchant, sans le son. Il choisira de lire le poème d'Eluard, "Un homme est mort" pendant la projection du film. Projection qui aura lieu toutes les nuits, sur tous les chantiers en grève de la ville.


Je vous retranscris ici le poème d'Eluard. René Vautier remplace simplement "Péri" par "Mazé".

Un homme est mort

Un homme est mort qui n’avait pour défense

Que ses bras ouverts à la vie

Un homme est mort qui n’avait d’autre route

Que celle où l’on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la lutte

Contre la mort contre l’oubli.

Car tout ce qu’il voulait

Nous le voulions aussi

Nous le voulons aujourd’hui

Que le bonheur soit la lumière

Au fond des yeux au fond du coeur

Et la justice sur la terre.

Il y a des mots qui font vivre

Et ce sont des mots innocents

Le mot chaleur le mot confiance

Amour justice et le mot liberté

Le mot enfant et le mot gentillesse

Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits

Le mot courage et le mot découvrir

Et le mot frère et le mot camarade

Et certains noms de pays de villages

Et certains noms de femmes et d’amis

Ajoutons-y Péri

Péri est mort pour ce qui nous fait vivre

Tutoyons-le sa poitrine est trouée

Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux

Tutoyons-nous son espoir est vivant.

   Le film et la bande sonore connaissent un vif succès auprès des Bretons. Un jour, Vautier, aphone, se voit remplacé par un « camarade » appelé P’tit Zef qui métamorphose les mots, leur donnant encore plus de rage et de vérité. Malheureusement, la pellicule du film est usée par les nombreux tournages qu’elle a subis.

Toute la grandeur de cet ouvrage réside dans son authenticité et son émotion. Les personnages ont en effet réellement existé. René Vautier vit encore et ne cesse de se battre pour dénoncer ce qui le révolte, avec sa seule caméra comme arme. Un homme est mort est sans doute le premier film militant français. La mort d’Edouard Mazé émut au-delà des limites partisanes et géographiques : des messages de soutien affluèrent de tout le pays, de Grande-Bretagne ou encore de Belgique.

    La BD est suivie d’un dossier expliquant la réalité des faits mais aussi le travail de reportage et d’investigation menés par Kris et Davodeau, les auteurs ; et se termine par un remerciement de René Vautier : « Aujourd’hui, presque octogénaire, je vous remercie d’œuvrer pour transmettre les souvenirs des luttes passées dont la connaissance est nécessaire pour faire fleurir et vaincre les luttes présentes et à venir… »

 

C’est la deuxième BD de Davodeau que je lis ( la première : Chute de vélo d'Etienne Davodeau ).

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 14:25

Oh la laaaaa, encore un coup de coeur! Je n'ai pas lâché la BD une seconde!

    Cinq petites histoires et toujours le même schéma : Dieu aide des pauvres humains en détresse, du haut de son bureau moderne. Grâce à son ordinateur, il trouve la personne ou les personnes (illustres et décédées) pour aider celui qui en a besoin.
Première histoire : un artiste incompris, peintre et sculpteur se fait aider par Michel-Ange en personne.
Histoire n°2 : un détective dépourvu de talent, maladroit et empoté se fait seconder par une Agatha Christie vieillissante mais fraîche et incisive.
Histoire n° 3 : Quatre jeunes filles, mal dans leur peau mais douées pour l'escrime cherchent désespérément un coach. C'est Cyrano de Bergerac qui les emmènera jusqu'au Championnat du Monde.
Histoire n° 4 : Un couple traverse une crise, les deux se détestent, ne se trouvent plus de point commun, sont en manque d'harmonie... Fred Astaire et Ginger Rogers tenteront de raviver la flamme de leur amour.
Histoire n° 5 : L'homme "sans" : sans désir, sans ambition, sans vice ni vertu, sans passion. C'est Ernest Hemingway qui aura pour mission de lui redonner goût à la vie.

      Le tout est drôle, frais, naïvement optimiste. C'est plaisant de voir les célébrités projetées quelques années, voire siècles plus tard et se confronter au monde moderne.
J'ai beaucoup aimé le coup de crayon de Barral, très précis, il a su rendre sympathiques et présents les visages de ces chers disparus...
Seul minuscule bémol (mais ça vient de moi qui suis un peu tordue!) : j'ai pensé à Joséphine Ange gardien, elle aussi, elle sauve les âmes en peine de la Terre...


    Il existe un autre opus du même genre : Dieu n'a pas réponse à tout (mais IL est bien entouré...), je n'en suis pas sûre, mais chronologiquement, il se placerait avant celui-ci.

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 09:39

     L'opération "je lis des BD" continue... et l'opération "et j'aime ça" aussi! 
J'ai vraiment pris du plaisir à lire cette BD! Dévorée du début à la fin sans répit.
Je n'en attendais pas moins de Tonino Benacquista,le scénariste, dont j'adore les romans (Saga, Malavita et le sublime Quelqu'un d'autre) et les nouvelles (La Boîte noire).
 

          Richard Séléna est un commissaire de police obèse et boulimique. A cause de sa corpulence et de l'antipathie qu'il dégage, il est détesté et raillé de tous. Il participe à des séances de thérapie de groupe (les gros anonymes?) sans jamais prendre la parole. Son coeur faiblit, le médecin le dit condamné à vivre tout au plus un an. C'est un meurtre qui va le sortir de ce tunnel. Victor Lachaume a été tué et Séléna soupçonne très vite sa nièce. Il est le seul à avoir découvert la vérité. Il propose à cette jolie jeune femme un marché : elle vient lui tenir compagnie tous les soirs de 21h à 23h pendant un an, et au bout de cette année, le commissaire jettera les preuves de sa culpabilité. Grâce à la jeune Elsa, le gros bonhomme va s'affiner, faire attention à lui, préparer de petits mets qu'il ne touchera pas mais regardera sa compagne du soir s'en délecter. Pas un soir, elle ne manque à l'appel. Des liens se tissent. Séléna qui pesait 160 kilos, se transforme en bel homme fin élégant et finit par plaire à la jeune femme. C'est un peu la Bête qui réussit à séduire la Belle.

    La BD a été adaptée au cinéma en 2003 par Thierry Binisti, avec, dans le rôle principal, un Eric Cantona énorme et très ressemblant au personnage de la BD. Je ne sais pas ce que vaut le film, mais la BD, l'histoire elle-même m'a bien plu, sauf la fin peut-être qui est très étrange (euphémisme pour dire que je ne l'ai pas réellement comprise!). C'est le droit à la seconde chance pour tous, pour Elsa (qui a effectivement tué son oncle mais avait de bonnes raisons... et pour Séléna qui s'offre une nouvelle vie), c'est la peinture d'une souffrance et d'une volonté de s'en sortir.

Une autre BD de Benacquista m'attend, j'ai hâte!

 

Roaarrr Challengelu dans le cadre du Roaarrr Challenge (chez Mo)

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