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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 14:48

 

 

Philippe, par un malheureux concours de circonstances - sa femme le quitte, donc il n’est plus assez  productif au boulot, sa femme le met à la porte, donc il délaisse son travail avant de qu’on le vire – se retrouve dans la rue. C’est le début d’une longue chute dans les entrailles de l’enfer. Il dort sur un banc public et se fait voler chaussures et chaussettes. Il est obligé de fouiller les poubelles. Son ex-femme a changé d’adresse et il n’a plus de contact avec sa petite princesse de fille, Claire.

            Une lueur lui permet de remonter légèrement la pente, c’est ce chien Baudelaire, qui le sauve d’une bagarre sanglante. Philippe finit par retrouver le propriétaire de ce chien, Bébère le Berbère, qui l’aide de son mieux. Petit à petit, Philippe s’approche de la lueur qui le sortira du gouffre. Une femme bien intentionnée appelle la mère de Philippe et lui raconte tout. Car bien sûr, la honte traverse les journées en plein air de Philippe.

On se demande souvent comment « ces gens » peuvent en arriver là, un prof de philo, un vendeur des Galeries Lafayette… un mauvais coup du sort et une pichenette de faux amis font très vite basculer la situation. J’ai été choquée par l’attitude de l’ex-femme qui fout son mari à la porte puis ne réagit pas du tout en sachant qu’il dormait dehors, je suis restée abasourdie devant le pote qui refuse de l’héberger, même momentanément.

J’ai dévoré ce livre, j’ai été happée par cette déchéance qui pourrait nous arriver à tous, j’y ai trouvé plus de suspense que dans les meilleurs polars. La variation de rythme, les chapitres courts permettent le lecteur de ne pas lâcher le livre. Ce n’est pas le roman de l’apitoiement mais celui de l’espérance, du regain, de la deuxième chance. Si tous devraient le lire, les clochards pourraient y puiser une force pour sortir la tête de l’eau. Sans être véridique, cette histoire s’apparente à un témoignage, fort, poétique et édifiant.

De petits bémols, j’étais un peu frustrée face à la quasi absence de « notre » Baudelaire à tous dans le roman. Bébère est féru des écrits de l’écrivain d’où le nom qu’il a donné à son chien et on peut lire ici ou là de petits extraits de l’œuvre mais c’est tout. Second bémol, le chien. Il prend trop de place d’après moi, c’est lui qui sauve Philippe de la situation, ça m’a gênée, comme si les hommes ne suffisaient pas. Ca m’a gênée parce que c’est peut-être la réalité.

Le lecteur de ce récit ne pourra plus jamais ignorer un SDF, ne pourra plus lui refuser au moins un regard de compassion, un sourire, voire une petite pièce… espérons-le.

 

« L’avenir se vit au présent. Un présent qui ne se conjugue pas. Ou uniquement au mode infinitif. Parce que aujourd’hui ressemble à hier, et demain à aujourd’hui.

Manger. Dormir. Boire. Rester propre. Emmaüs. Mendier. Regarder la date sur la une des journaux. Penser à Claire.

Marcher. Lavomatique. Dormir. Uriner. Compter les jours. Manger. Restos du Cœur.

Trouver des vêtements. Secours catholique. Marche Déféquer. Faire la manche.

Rester digne. Ne pas devenir fou. Uriner. Compter les jours. »

Un clochard est aussi un discret spectateur permanent de la vie parisienne :

« Des oiseaux crient haut dans le ciel lorsqu’il ouvre les yeux. A l’autre bout de la rue, deux hommes des services de propreté de la ville, vêtus de leur combinaison verte, nettoient la chaussée et les trottoirs. Véhicule miniature et kärcher longue portée. Papiers, mégots et détritus sont rejetés sans ménagement dans le caniveau, puis dans les égouts. Plus loin, un boulanger lève le rideau de fer de son commerce. A l’angle, un serveur installe es tables et les chaises de sa terrasse. »

 

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commentaires

keisha 31/03/2012 20:25


Un auteur déjà croisé deux fois dans un salon... et jamais lu. Son charme n'agit pas jusque là!

Violette 01/04/2012 20:11



:))



Géraldine 31/03/2012 19:26


Ah la réalité qui nous gène.... j'en pense qu'il faut que je lise cet auteur, tout à fait charmant, rencontré il y a deux ans lors d'un salon. Et j'en pense que je voudrais que mon temps soit du
schwing gum !

Violette 01/04/2012 20:19



oh oui pour le chewing gum!!! cet auteur fait pas mal de salons apparemment!



alinea 24/03/2012 10:34


j'avais noté ce livre à sa sortie, mais bon je ne sais plus trop.

Violette 24/03/2012 15:28



tu ne sais plus trop si tu as envie de le lire? je le conseille, moi (sans que ce soit un coup de coeur)... édifiant!



Mathylde 23/03/2012 10:52


Je viens de le lire ! J'ai été suprise aussi que Baudelaire n'ait pas plus d'importance dans le roman. Quant à la femme de Philippe, quel personnage antipathique !

Violette 23/03/2012 13:20



oui, elle a une réaction que je ne comprends pas. C'est peut-être trop caricatural? (surtout qu'il y a un enfant "en jeu")



Alex-Mot-à-Mots 22/03/2012 14:14


Quoi, Baudelaire est dans le titre mais absent du roman ? Tu l'expliques comment ?

Violette 23/03/2012 13:21



il n'est pas absent mais disons, futile. L'auteur a voulu un titre accrocheur, que veux-tu... ça a marché! ^^



Milly 22/03/2012 13:08


Il me tente! :) Je note.

Violette 23/03/2012 13:21



une jolie chronique sociale d'aujourd'hui.



Marion 21/03/2012 20:48


Là, tu m'intéresse! C'est noté!

Catherine 21/03/2012 14:25


Je n'ai pas eu le temps de laisser un commentaire hier donc me revoici. Je le note (encore un !). Bonne semaine.

Mango 21/03/2012 03:12


C'est aussi le thème de "No et moi" de Delphine de Vigan, sauf que là la SDF est une femme.  Ces situations de déclassement  social extrême font tellemnt peur qu'on en parle beaucoup en
ce moment. 

Céline72 20/03/2012 23:20


Merci pour l'info Violette

Violette 20/03/2012 23:21



je t'en prie! :))



Céline72 20/03/2012 22:59


Voilà là un livre que je possède et qui attend sa lecture et dont ton avis me donne l'envie de le lire mais avant ça je vais avancer un peu dans mes challenges


J'espère aussi qu'il me plaira mais je te dirai ça.

Violette 20/03/2012 23:12



il se lit vite si ça peut te convaincre! Pas de la grande littérature mais simple et touchant.



ESPERANCE 20/03/2012 21:26


envie de le lire  bises ce soir en passant

Violette 20/03/2012 22:31



merci! bonne soirée!



Malika 20/03/2012 20:26


Voilà un avis bien complet ! Je viens de terminer "Dans la dèche à Paris et à Londres" de George Orwell qui raconte également la misère dans la rue dans les années 30 ...les choses n'ont pas
vraiment changé presque un siècle plus tard !!

Violette 20/03/2012 22:31



hélas! mille fois hélas!



niki 20/03/2012 19:28


tu me donnes envie de noter ce titre

Violette 20/03/2012 22:32



il vaut vraiment le coup d'être lu!



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