Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:47

                                                  petit8662-1--copie-1.gif
Du Eric-Emmanuel Schmitt comme je l’aime !

Une courte pièce réunissant deux personnages, un homme (Gilles) et une femme (Lisa), le mari et l’épouse.

   Gilles a perdu la mémoire suite à un accident. Il se souvient de ses tables de multiplication ou de ses déclinaisons latines mais il a oublié quel type d’homme il était et avec qui il vivait. « Il y a un univers, bien plein, bien riche, qui a l’air cohérent, mais j’y erre sans y trouver mon rôle. Tout est consistant sauf moi. Moi a disparu. »

Le rideau se lève sur le retour du couple dans leur appartement.

Gilles s’inquiète de savoir quel homme il a été, Lisa le rassure en lui disant qu’il frôlait la perfection , il était fidèle, aimait faire les boutiques avec sa femme, n’avait que très peu de défauts ; le couple s’aimait et était heureux. Pourtant, Lisa semble gênée par une chose qu’elle ne parvient pas à exprimer.

Au détour d’une conversation, Gilles fait une boulette et Lisa comprend qu’il a retrouvé la mémoire. Le lecteur, lui, comprend qu’elle avait profité de l’amnésie de son mari pour enjoliver le passé du couple : « Je sculpte un homme meilleur que celui que j’ai connu, j’efface tes défauts en te les cachant, je te prête ces qualités qui te manquaient, je te refaçonne pour un couple parfait, celui qui me convient. En ce moment, j’aménage ma vie conjugale, je garde la même façade et je rénove l’intérieur. Je m’amuse férocement ! Je réalise le rêve de toute femme : dresser son mari après quinze ans de vie commune. »

Gilles a menti mais Lisa, elle aussi, a caché la vérité : c’est elle qui a provoqué l’accident de son mari : elle voulait le tuer ! Pourquoi ? Parce qu’elle l’aimait trop !

S’ensuivent des réflexions sur l’amour à long terme, sur la vie de couple, sur l’usure des sentiments. Le texte est drôle, vrai, vif, ponctué, comme souvent chez E.-E. Schmitt, d’aphorismes, de jeux de mots et de pensées diverses :

-          « A vingt ans, on peut négliger les années ; à partir de quarante ans, l’illusion tombe ; l’âge d’une femme lui apparaît à l’instant où elle découvre qu’il y a plus jeune qu’elle. »

-          A propos du genre policier : « Comme ce sont majoritairement des femmes qui lisent et qui écrivent des romans policiers, tu prétends que c’est un genre féminin où les femmes, lassées de donner la vie depuis des siècles, s’amusent virtuellement à donner la mort. Le roman policier ou la vengeance des mères… »

-          « Un ange passe  ... Il serre les fesses ».

-          «  Un homme prend une maîtresse pour rester avec son épouse tandis qu’une femme prend un amant pour quitter son mari ».

-          Au sujet de l’amour dans le couple : « Alors pour que ça dure, il faut accepter l’incertitude, avancer dans des eaux dangereuses, là où l’on ne progresse que si l’on a confiance, se reposer en flottant sur des vagues contradictoires, parfois le doute, parfois la fatigue, parfois la sérénité, mais en gardant le cap, toujours ».

Partager cet article
Repost0

commentaires