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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 18:59

 

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Ce drame fait partie du recueil intitulé Le Théâtre en liberté. L’œuvre de Victor Hugo est une somme, et il le prouve une fois de plus dans ce volume qui contient des comédies mais aussi des drames, et qui mêle des thèmes variés.

La jolie Cyprienne et sa mère Etiennette sont dans une situation critique : le grand-père de la jeune fille, le major Gédouard est malade de puis deux mois, il donnait des cours de musique qui permettaient à la famille de subsister. Depuis son immobilité, les deux femmes sont ruinées et l’huissier s’apprête à saisir l’ensemble de leurs biens.

C’est l’arrivée de Glapieu qui va changer la donne. Glapieu est un des personnages hugoliens les plus extraordinaires. Clochard, il a quelque chose d’un Sganarelle ou d’un Arlequin ; philosophe, cynique, généreux et lucide, il est le maître des expressions bien frappées. Thème cher à Hugo, cet homme en haillons a commis un vol dans sa jeunesse et l’a payé le restant de ses jours. « C’est grave. Quinze ans et onze mois, on est un polisson, 15 ans et 13 mois, on est un bandit. » Il passera trois ans dans une maison d’éducation où il « apprend » à forcer des coffres-forts.

Ø  « La société s’est donné la peine de faire de toi un voleur, et n’entend pas en avoir le démenti ».

Ø  « J’étais venu à Paris dans l’intention de faire peau neuve et d’être l’ornement de la société » mais Glapieu est traqué : « je suis si essoufflé que je n’ai pas le temps de devenir vertueux. »

Glapieu, poursuivi par la police, demande à Cyprienne l’autorisation de traverser une chambre de leur appartement pour pouvoir s’enfuir par une autre fenêtre.

L’huissier arrive, ainsi que Rousseline, un traître cupide qui a été l’homme de confiance du grand-père Gédouard. Rousseline veut épouser Cyprienne, en échange, il annulera la dette de 30 000 francs. Le cœur de la jeune femme est ailleurs, elle aime Edgar Marc, qui, sans le sou, ne peut encore l’épouser. La situation rappelle de mauvais souvenirs à Etiennette qui a vécu la même histoire ; elle n’a pas été mariée au père de Cyprienne et celui-ci s’est volatilisé après avoir été soldat. Elle se fait passer pour une veuve pour dissimuler sa honte (quelle époque tout de même !).

Il est extrêmement ardu de résumer toute cette pièce. Etiennette retrouve son ancien amant qui se révèle être le baron de Puencarral, riche banquier. Les « mille francs de récompense » du titre sont ceux promis par le baron pour retrouver un portefeuille confié à Edgar, caissier chez le baron. Edgar a, en réalité, donné l’argent à la famille de sa bien-aimée, pour sauver le piano du grand-père. Glapieu finira par remettre le portefeuille et l’argent au banquier qui, ému par l’honnêteté de Glapieu, l’engage immédiatement comme gardien destiné à surveiller son coffre-fort. Ironie du sort !

A la fin, les amoureux sont réunis, les problèmes d’argent ne sont plus qu’un mauvais souvenir, et les retrouvailles entre le banquier alias Cyprien André et Etiennette sont dignes de Notre-Dame de Paris.

 

Cette pièce aux accents baroques, influencée par Molière ou encore par la commedia dell’arte, est difficile à mettre en scène et à jouer.

Il neige sur scène à certains moments. La scène est souvent divisée en compartiments, les répliques des personnages sont longues, les monologues nombreux. Certains passages sont chantés et costumés. On sait que l’univers carnavalesque est cher à Hugo, on le retrouve ici.

 

Une œuvre riche pour ce drame qui tient plus de la comédie dans certaines scènes. Et toujours et encore des phrases percutantes :

Rousseline :

Ø  « être heureux, c’est être riche ».

Ø  « la vertu finit où la bêtise commence ».

Glapieu :

Ø  « A peine a-t-on résolu ce problème, entrer, qu’il faut résoudre celui-ci, sortir. Voilà la vie. »

Ø  « le paradis, ce doit être cela, un homme qui a eu froid toute sa vie et qui trouve là-haut un bon feu, et qui étale dans la chaleur son onglée »

Ø  « Voyons l’affiche – Moi, je suis un liseur d’affiches. Les murs de Paris, c’est mon cabinet de lecture. »

Ø  « Remettons-nous un peu en marche. Pas de stationnement. Le stationnement est malsain. L’hiver le déconseille et la police le défend. »

 

 

 

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commentaires

MeL 05/10/2010 17:44


Une pièce étudiée à la fac l'année dernière et que j'ai trouvée sympathique ! Je ne sais pas du tout où tu habites mais il me semble que cette pièce va représentée cette année à Paris au théâtre de
l'Odéon. Au cas où cela t'intéresserait...


Violette 05/10/2010 21:16



2 bonnes nouvelles : elle est étudiée à la fac et on la joue... :-) Je suis malheureusement trop loin de Paris, mais merci pour l'info  !



Edelwe 07/09/2010 20:46


J'en ai lu beaucoup de bien!


Leiloona 02/09/2010 10:32


Tiens, je ne connaissais pas non plus !
Belle découverte encore sur ton blog ! :)


irrégulière 02/09/2010 10:31


Tiens, c'est la première fois que j'entends parler de cette pièce !


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