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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 22:04

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       Je connaissais un peu Janine Boissard pour ces romans dédiés à la jeunesse. Comme elle passera dans un salon du livre qui se tiendra prochainement près de chez moi, je me suis décidée à découvrir sa prose pour adultes.
Effarement, indignation ! Je ne devais pas être belle à voir en lisant ce livre : yeux écarquillés ou hochements de tête navrés… Cette lecture m’a presque révoltée !

       Jean-Charles est tombé amoureux de Gabrielle immédiatement. Le plus naturellement du monde, ils ont habité ensemble, se sont mariés et ont fait deux enfants. Mais Jean-Charles découvre petit à petit que sa compagne ne pense qu’à elle et à son métier. C’est une méchante femme qui laisse son homme s’occuper de ses enfants, qui crie après lui parce qu’il n’a pas rincé la douche pleine de poils, qui ne cuisine pas, qui veut habiter dans un appart plutôt que dans une maison à la campagne, qui prend un amant et qui se fait avorter… !

       Certes, la quatrième de couverture m’avait prévenue : « Janine Boissard ose écrire ce que le prêt-à-penser interdit de dire : en imitant les hommes dans ce qu’ils ont de plus brutal, certaines d’entre nous mettent le couple en danger ». Mais quel manichéisme ! Gabrielle en prend pour son grade du début à la fin ! Elle n’a pas de cœur, elle est égoïste et son pauvre compagnon doit jouer à la femme ! C’est lui qui accepte de faire des concessions professionnelles, c’est lui le romantique qui déteste le sexe pour le sexe.

       Une édifiante leçon de la part de l’ami de Jean-Charles : «c’est nous, les romantiques ! On est peut-être des gros balourds, et certains, des brutes épaisses, n’empêche que la fleur bleue, c’est dans notre cœur qu’elle prospère. (…) les femmes sont plus pratiques, plus rationnelles. Exemple tiré de le rose : tu offres un bouquet à ta chère et tendre, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle y plonge le nez. Et mine de rien, compte les fleurs. Plus il y en a, meilleur sera le parfum. Idem pour la bague de fiançailles : là, c’est la taille du diamant qu’elle évalue ».

Il y a aussi cet élégant bordel où Jean-Charles trompe sa femme pour l’unique fois. Les prostituées sont volontaires, consentantes et même ravies, nous dit-on.

       Cette impression que cette Madame Boissard et moi, on ne vit pas dans le même monde. Elle revendique clairement (je ne pense pas me tromper) le retour en arrière, les femmes à la maison et les hommes au boulot dans leur rôle de macho. J’y vais un peu fort. Je suis d’accord en partie avec le concept général de l’auteur, c’est vrai : les hommes et les femmes sont des êtres différents et leurs rôles respectifs ne sont pas interchangeables à volonté, mais quelle cruauté l’écrivain injecte dans sa vision de la femme qui ne veut pas se cantonner au statut de mère et d’épouse ! que de représentations surannées du couple !

       Si certains sont intéressés par ce thème-là, le livre se lit avec une grande facilité… et la couverture reprend un joli tableau de Magritte, « Le bouquet tout fait ». (Quoi ? je cherche des points positifs…)

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commentaires

E
<br /> J'ai adoré l'esprit de famille...mais certains de ses romans m'ont déçu.<br /> <br /> <br />
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K
<br /> je me demande quand j'ai lu un titre de l'auteur... En tout cas elle a du succès parmi les lecteurs de ma bibli, mais je frémis à l'idée que ma mère la lit!!!<br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> oui, elle a du succès... je me demande si ses autres livres sont comme ça. Je testerai peut-être!<br /> <br /> <br /> <br />
I
<br /> Je vais m'éviter de m'énerver alors, et je passe...<br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> j'ai juste halluciné, j'ai vérifié l'époque de rédaction du livre et le nom l'auteur (une femme, écrire cela !) :-O<br /> <br /> <br /> <br />