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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 00:00

 

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            C’est sur un tour de passe-passe assez spectaculaire que s’ouvre ce roman : un passager d’un 727 qui se fait appeler D.B. Cooper ouvre sa mallette pour exhiber une bombe à l’hôtesse de l’air. Menace, chantage et détournement d’avion : l’homme réussit à faire vider l’appareil de ses passagers avant d’exiger un vol au-dessus du Mexique d’où il sautera en parachute et avec 200 000 dollars. Les autorités pensent d’abord retrouver un cadavre, les chances de survie du téméraire n’étant que très limitées, mais la police, avec en tête Frank Marshall, fait chou blanc. Après cette première partie qui démarre sur les chapeaux de roue, le long parcours de Cooper alias Phil Fitch, avant et après le grand saut nous est décrit. En parallèle : le portrait de Frank Marshall, agent du FBI qui, désormais à la retraite, n’a cessé de penser à cette affaire D.B. Cooper. Comme on peut s’y attendre, les deux hommes se rencontrent à la fin.

            J’avais adoré (voire plus!) le recueil de nouvelles Ce que savent les saumons mais mon avis est plus mitigé pour ce roman très long. Les nuances de rythme m’ont déstabilisée : le début est intense, dynamique, fort en adrénaline, la suite raconte les pérégrinations de ce cher Cooper qui se révèle être plus proche du parfait imbécile que de James Bond, pérégrinations qui le mènent au cœur du Mexique dans une tribu plutôt hippie (d’où le rythme plus lent !?). Des pages et des pages sont consacrées à des personnages secondaires qui m’ont honnêtement un peu barbée. Malgré ces longueurs, le roman est parsemé de réflexions sur la vie, le sens qu’on donne à sa vie, la vieillesse ; le personnage de Frank m’a plu, il symbolise le type qui a bossé toute sa vie et qui arrivant à l’heure de la retraite, se retrouve les bras ballants, inutile et vain.       Le style d’Elwood Reid est puissant et demande à être plus connu. Et comme toujours pour les romans longs, l’avantage est de s’imprégner d’une ambiance qui résonne plus longtemps, et ce livre-là sent la poussière, la chaleur, le bitume, les caravanes, la clope et la bière. Masculin, oui, sans aucun doute.

            Il y a un passage qui m’a marquée plus que les autres. Frank, le type du FBI, en sondant le terrain où Cooper aurait pu atterrir, découvre un squelette de femme au fond d’une mare (meurtre qu’il ne saura jamais élucider). Il garde un des os dans sa poche des années durant entre « restes de bonbons Rolaids, menue monnaie, canif et montre sans bracelet qu’il fourrait dans son pantalon avant de partir au boulot. » J’ai trouvé que l’hommage rendu à la morte était beau et touchant (bien plus que ces urnes qu’on garde sur la cheminée).

            Si Cooper-Fitch s’en sort, c’est qu’il a une bonne étoile : « il avait des raisons d’espérer quelque grandeur dans sa vie. Souvent il trouvait quarters et demi-dollars qui lui clignaient de l’œil sur le trottoir ou roulaient vers lui en tombant de la poche d’un passant. Les chiens l’appréciaient beaucoup et venaient quand il les appelait ; même les sans colliers à la tronche peu amène qui renversaient les poubelles et coursaient les femelles en chaleur tombaient sous le charme en l’apercevant et se mettaient à danser en agitant une queue servile. Les bébés lui retournaient ses sourires et les abeilles le suivaient des jours durant, suspendues au-dessus de son épaule jusqu’à tomber raides mortes, loin de leur ruches, et finir gobées par un corbeau de passage. Sans compter qu’il avait survécu non pas à un mais à deux séjours au Viêt-Nam, om il avait vu des amis périr d’une mort de jungle humide très banale alors qu’il lui avait été permis de sortir en douce de ce merveilleux enfer vert grouillant d’insectes, sans une égratignure. »

 

            Ce que je ne savais pas avant de lire ce livre, c’est que Reid s’est inspiré d’un fait réel, D.B. Cooper a réellement existé :

« D. B. Cooper (aussi connu sous le nom de Dan Cooper, DB Cooper) est un pseudonyme utilisé par un pirate de l’air qui, le 24 novembre 1971, après avoir reçu une rançon de 200 000 USD, sauta en parachute de l’arrière d’un Boeing 727 alors qu’il volait au-dessus de la région du Nord-Ouest Pacifique des États-Unis. Aucune preuve concluante n’a permis de déterminer l’endroit où se trouve Cooper, et plusieurs théories se disputent l’explication de ce qui s’est passé après son saut. Les seuls indices qui ont été trouvés dans l’affaire sont ambigus : environ 6 000 USD, échoués sur les rives du fleuve Columbia, et une partie d’un symbole supposé appartenir à l’escalier arrière de l’avion duquel Cooper sauta. La nature de la fuite de Cooper et l’incertitude de ce qui lui est arrivé continuent à intriguer l’opinion publique. En 2009, l’affaire Cooper (de nom de code Norjak par le FBI[]) reste non résolue. » (Wikipédia). La série Prison Break a également repris le personnage (Charles Westmoreland est suspecté par les autres détenus d’être D. B. Cooper).

 

            Et un petit dernier extrait de la vie de routard du héros (qui pourrait même être un anti-héros) :

« Le Mexique était le Mexique, ses rues regorgeant des mêmes faunes, chiens affamés, camelots de bric et de broc, vieilles femmes revendeuses de cierges pour les neuvaines, touristes allemands à la peau pâle, putes, marchands de fruits, et tous ces enfants qui grouillaient aux basques des gringos comme des colonies de pigeons dans l'espoir de se voir jeter quelques pièces. »

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commentaires

Syl. 20/05/2011 09:56



Violette, je visite ton blog...
Je trouve que l'image du petit os enfoui dans une poche est assez rude, mais belle. Il faut oser ! J'aurais noté ce livre si tu n'avais pas marqué "avis mitigé". par contre je retiens que
l'auteur a écrit un bon recueil de nouvelles.



Violette 20/05/2011 10:31



merci pour ta visite ! à bientôt!



Margotte 19/05/2011 17:06



Je n'ai jamais lu cet auteur mais c'est un habitué d'Etonnants Voyageurs qui donne envie de le lire....



Joelle 19/05/2011 10:10



S'il n'est pas très connu en France, c'est quand même quelqu'un qui a marqué beaucoup les esprits américains à l'époque parce que son nom apparait régulièrement dans les films ou les séries (et
pas seulement Prison Break !) Je note donc ce titre par curiosité !



alinea 19/05/2011 09:42



 je ne connais pas du tout cet auteur.



Ys 19/05/2011 09:06



Je le note donc pour ses nouvelles. Dommage pour les variations de rythme, le pitch était pas mal.



keisha 19/05/2011 07:53



Connais pas, mais la collection propose souvent de petites merveilles, alors...



Alex-Mot-à-Mots 18/05/2011 17:25



Un auteur meilleur en nouvelles, on dirait.



Violette 18/05/2011 22:53



c'est mon avis, en effet.



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