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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 15:52

 

Je ne connaissais cette pièce que parce qu’elle est souvent étudiée, soit en 3ème, soit au lycée. Il fallait bien que je sache de quoi il en retourne.

L’atelier, c’est un atelier de confection, après la Deuxième Guerre Mondiale. Cette courte phrase suffirait à résumer la pièce. Il est surtout question de bonnes femmes et d’histoires de bonnes femmes. Les ouvrières se racontent leur vie, se disputent, se marrent, pleurent, se fâchent, se taisent.

Il y a Hélène, la patronne, une Juive réfugiée en zone libre pendant la guerre et dont le mari s’est caché en zone occupée. Ils tentent tant bien que mal de tenir leur petite entreprise, balayant quand il le faut, les sales souvenirs de guerre.

Il y a Gisèle, une mère de famille préoccupée par des soucis d’intendance, qui tient des propos irrévérencieux sur les Juifs.

Il y a Mimi qui ne pense qu’à sortir,  faire la fête et profiter des nouveautés apportées par les Américains.

Il y a Madame Laurence, la discrète, qui avoue qu’elle préfère les Allemands aux Américains.

Il y a, enfin, le personnage le plus poignant, Simone, celle qui souffre parce que son mari n’est pas revenu des camps. A partir de 1945, on suit son cheminement, son parcours difficile : elle a d’abord encore un peu d’espoir, puis souhaite connaître les conditions dans lesquelles son mari est mort, puis elle cherche à obtenir les papiers qui lui permettent d’avoir une pension…

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’œuvre, j’ai trouvé ça insignifiant voire soporifique par endroits mais lorsqu’on arrive au bout des dix tableaux, on se rend compte que l’auteur a su dépeindre avec justesse et tendresse une société en train de renaître, les différents visages de cette reconstruction de l’après-guerre. L’originalité,  c’est le lieu, cet atelier de confection est délicieux, on imagine les « outils » de travail : la table de presse, les aiguilles, les amas de tissu, les ciseaux. L’unique décor est le théâtre des années qui passent, de 1945, on arrive petit à petit à 1952, les conditions de travail sont évoquées (travailler le samedi matin, avoir des chaises plutôt que des tabourets,  avoir un meilleur éclairage, être payé à l’heure et non à l’ouvrage), la relève est assurée, la jeune Marie est enceinte, le fils de Simone fait une apparition dans la dernière scène.

Une œuvre réaliste où le langage familier parfois cru projette le lecteur dans une époque bien particulière, une pièce tellement réaliste qu’elle sent le vécu. Effectivement, pour le personnage de Simone, Grumberg s’est largement inspiré de sa mère.

            « C’est vrai que les Américains tant qu’ils étaient pas là on priait pour qu’ils arrivent, maintenant qu’ils sont là, on prierait pour qu’ils repartent ». (Madame Laurence)

L’humour n’est pas absent même s’il est souvent noir :

La colère de M. Léon devant un veston mal réalisé :« Si on travaille pour les vivants, il faut prévoir qu’un vivant sera inévitablement amené à faire certains gestes comme bouger un bras, s’asseoir,  respirer, se lever, boutonner, déboutonner ; je parle même pas dut temps de guerre où fréquemment le vivant pour rester vivant est obligé de lever les deux bras en l’air et en même temps, non, je parle des mouvements ordinaires, de la vie ordinaire dans la confection ordinaire. »

Terminons sur la jolie et très juste citation de l’un des metteurs en scène de la pièce, Gildas Bourdet : « L’Atelier est une comédie parce que la tragédie s’est déroulée avant que la pièce ne commence ».

         2/12!

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commentaires

Lisa 18/05/2012 18:00


Bonjour à vous, je viens de finir de lire cette pièce de théâtre, car je suis en 3° et c'est dans le programme. Je trouves que la description des personnages est incomplète, et vous avez oublié
de mentionné Léon, qui lui aussi est un personnage importante. C'est la seule remarque que j'ai à vous faire. Au revoir ! 

Violette 19/05/2012 09:53



je dirais... heureusement que ma description est incomplète! je n'ai jamais eu l'intention de faire une analyse exhaustive d'un livre, quel qu'il soit. Merci pour la visite!



La Femme des Steppes 01/03/2012 17:14


"qui l'a étudié" sans "e", bien sûr

La Femme des Steppes 01/03/2012 17:13


Le livre est sur ma table de nuit, attendant jusque que je le lise. C'est en effet, mon fils qui est en 4ème, qui l'a étudiée cette année. Ainsi que vous le dites dans un commentaire, je ne pense
pas que cette pièce ait l'heur' de plaire à de jeunes lecteurs forcés. Par contre, pour les dégoûter du théâtre... ça marche !

Violette 03/03/2012 20:47



bah oui, c'est bien bien dommage!



dasola 24/02/2012 16:42


Bonjour Violette, j'ai eu la chance de voir cette pièce au théâtre à Paris, c'était génial, émouvant et superbement joué. Bonne après-midi.

Violette 25/02/2012 10:47



oh oui, quelle chance!!! bon week-end!



Anis 21/02/2012 22:08


Je prends des cours au conservatoire de ma commune dans la section adultes et nous préparons "Les pas perdus" de Denise Bonal qui est une pièce magnifique ! Et toi ?

Violette 21/02/2012 23:16



je ne connais pas cette pièce mais ne demande qu'à connaître! Pour ma part, ça fait une bonne dizaine d'années que je suis dans une troupe d'amateurs et nous jouons principalement des comédies et
des vaudevilles. Cette année (dans 17 jours!), nous jouons Princesse Baraka de Robert Thomas, ue comédie originale et grinçante.



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