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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 09:58

   

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            J’avais aimé  Les Déferlantes, j’avais adoré  Seule Venise. J’ai été déçue par ce dernier roman de Gallay. Est-ce dû à ma dernière lecture ? Il est vrai qu’après l’écriture bariolée et rassasiante de Grangé, j’ai ressenti le besoin de combler les blancs chez Gallay. L’écriture m’a paru dépouillée, presque décharnée.

            Les ingrédients étaient à ma convenance : Avignon, le théâtre, les coulisses du théâtre et la vie au cœur même d’une petite troupe ; des références cultes : Ferré, Calder, Willy Ronis, Gérard Philippe, Le Cid. Bien sûr que je m’en suis délectée mais c’est encore une histoire de femme seule (ou femmes seules) au comportement atypique (j’aime un homme mais je le quitte – je pourrais être heureuse mais j’ai choisi le malheur). Trop de points communs peut-être par rapport aux autres romans du même auteur.

            Deux destins de femme : la première, Marie, est une écorchée d’une vingtaine d’années, vagabonde, maigre, remarquable par ses piercings (c’est elle qui fait la couverture du roman), elle n’a qu’une idée en tête : honorer la mémoire de son frère mort cinq ans auparavant. Paul Selliès, dramaturge, avait fait parvenir deux manuscrits à Odon, directeur d’un petit théâtre. Sans réponse, le jeune homme s’est donné la mort. Marie veut savoir. Nuit rouge, la deuxième pièce est montée cette année.

            La seconde femme est une célébrité dans le monde du théâtre : Mathilde – nom de scène la Jogar. Elle a vécu en Avignon, a été l’amante passionnée d’Odon, a quitté les remparts pour revenir, cette année uniquement.

            Les deux femmes se croisent grâce et par le mort. La Jogar, a plagié le premier texte de Paul Selliès, Anamorphose. C’était ça ou la poubelle et elle trouvait qu’il valait la peine d’être joué. Marie ne comprend pas, pour elle, son frère est mort une deuxième fois. Elle se bat à la façon d’une petite Antigone pour le faire revivre, comme « un animal pris derrière les barreaux. »

            Ce qui aurait pu être une farce ou une supercherie devient une tragédie. La chaleur de la ville et les intermittents en grève viennent englober ces êtres tristes et leurs demi-vies. C’est mon impression, chaque personnage se contente d’une moitié ou de moins encore : La Jogar et Odon renoncent à leur amour, Marie renonce à la vie…

            Certains passages, comme le prouvent les extraits ci-dessous, ont retenti en moi, c’est plutôt l’ensemble de l’œuvre, le tout, l’unité, que j’ai eu du mal à cueillir comme il l’aurait fallu.

 

« L’amour est une île, quand on part on ne revient pas. »

« La passion est un fruit à croissance rapide, il retombe vite et … pourrit ».

« Vieillir, ce n’est rien quand on se souvient. C’est l’oubli qui fait la souffrance ».

« Deux Japonaises patientent sur le pas de la porte. Leur peau est blanche. Elles regardent le soleil comme on regarde tomber la pluie. Sans oser sortir. Elles échangent quelques mots dans une langue qui ressemble à de la musique. Soudain, elles se lancent, le cou rentré, en tirant sur leurs épaules un mince gilet de coton qui leur sert de protection. Elles traversent la place, le soleil est partout et leurs pieds courent dans ce qui ressemble à une gigantesque flaque. » On dirait du Delerm, non ?

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commentaires

Le journal de Chrys 08/09/2011 22:16



Personnellement, il ne m'avait pas déplu!!!



Violette 08/09/2011 23:38



tous les goûts sont dans la nature... et c'est tant mieux ! :))



Liliba 04/09/2011 15:26



J'ai bien aimé, mais sans que cela soit un coup de coeur, par contre, très déçue par Seule Venise (mais les femmes déprimées m'énervent...)



Violette 04/09/2011 18:24



ah oui, c'est vrai? le contraire de moi donc, c'est intéressant...



Alex-Mot-à-Mots 31/08/2011 12:10



J'ai trouvé moins de souffle épique que dans son précédent roman.



Violette 31/08/2011 13:45



tout à fait et ce petit laisser-aller est bien dommage



Ikebukuro 31/08/2011 07:52



Je l'avais noté dan ma wish mais je crois qu'au vu de ton billet il va redescendre de plusieurs places, d'autant que je n'ai pas encore trouvé le temps de lire "Les déferlantes".



Violette 31/08/2011 13:47



je conseillerais de lire Les Déferlantes d'abord, oui. Il n'a pas plus à tout le monde. Celui-là est un cran au-dessous selon moi, donc...



L'Irrégulière 30/08/2011 10:54



Je n'avais guère aimé non plus...



Violette 30/08/2011 17:50



ouf, encore une!



alinea 30/08/2011 07:28



je n'avais pas spécialement aimé les deferlantes alors je vais en rester là pour l'instant avec cet auteur.



Violette 30/08/2011 17:51



je te conseillerai aussi d'en rester là. Les Déferlantes n'étaient pas un coup de coeur (des longueurs et des répétitions) mais l'ambiance m'avait plus. Ici, pas vraiment.



Noukette 30/08/2011 00:23



Personnellement, je n'ai toujours pas lu Les déferlantes qui dort dans ma PAL... Je devrais peut-être commencer par là !



Violette 30/08/2011 17:53



oui :))



Luna 29/08/2011 19:24



Ce livre m'a l'air très sympa !



Violette 30/08/2011 17:54



peut-être te plaira-t-il plus qu'à moi...



isa 29/08/2011 18:49



Les 2 premieres citations sont assez percutantes ....et peut être à méditer, cela dépend de chacun ! 



Violette 30/08/2011 17:54



hum... j'ai pioché le meilleur :-D



Za 29/08/2011 18:09



Aaaah ! J'avais détesté ce livre, m'y étais copieusement ennuyée (et pourtant, je l'avais terminé, va savoir pourquoi). Trop caricatural. Avignon sans l'être vraiment (je ne pense pas que les
gens de théâtre s'y retrouvent vraiment). Nous voici donc d'accord, une fois encore !



Violette 30/08/2011 17:55



tope là!



saxaoul 29/08/2011 15:16



C'est vrai que l'atmosphère des romans de Claudie Gallay est très particulière. Moi, j'avais bien aimé même si je l'ai trouve très sombre !



Gwenaelle 29/08/2011 14:28



Claudie Gallay a un style très particulier et j'avoue que je dois lire ses romans de manière très espacée sinon j'ai l'impression de revenir toujours dans la même histoire. Ce roman-là ne
m'attire pas plus que ça... 



Violette 30/08/2011 18:00



oui mais ici, je n'ai pas trouvé le petit truc qui m'a fait fondre dans ses autres romans... dommage...



Anis 29/08/2011 10:35



J'ai abandonné ce livre tellement il m'ennuyait, ce qui, de ma part est extrêment rare.



Violette 29/08/2011 12:25



je suis contente de ne pas avoir que des avis enthousiastes. Je peux te comprendre.



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