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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 15:54

     

Entre la longue nouvelle et le roman très concis, ce petit récit nous propose la vision d’un couple, un couple en particulier, ou, au contraire, comme il en existe tant et tant.

La femme est la  narratrice de l’histoire. On sent d’emblée que c’est elle la plus accrochée. Bruno, l’amant, souhaite être libre dans cette relation, il lui pose souvent des lapins, reste encore collé aux basques de son ex, vit sa petite vie d’homme, en fait. Du lard ou du cochon ? On ne sait pas toujours ! Tantôt, on rit parce que la narratrice est tout de même la reine des naïves, tantôt, on s’interroge en la plaignant. En filigrane, une réflexion plus générale sur le couple est amorcée : chacun est égoïste à sa manière. Si Bruno se réjouit de passer deux mois au Japon sans penser à elle une seule seconde, la narratrice rêve qu’un membre de la famille de Bruno parle d’elle. La référence à l’agrume, au citron et à l’orange est quasi omniprésente, Bruno en fait son obsession (il se surnomme l’Agrume). Il aime garder ces fruits à la maison jusqu’à les laisser durcir comme du cuir puis moisir.

L’auteur, en donnant à son personnage son propre nom, veut nous faire croire qu’il s’agit de pages autobiographiques, je ne le crois qu’à moitié. J’aime voir aussi, dans ce petit livre, une bonne dose d’ironie et un hommage au surréalisme, certains passages frisent l’incongruité, l’absurde.

« Nous étions allés nous promener vers le port, Bruno avait acheté des livarots. Le trajet du retour fut ralenti par les intempéries : la route était gelée. Nous fûmes bloqués au milieu du brouillard. Il se tourna vers ses fromages posés sur les fauteuils arrière et admira leur calme : ces bienheureux ne s’énervaient jamais, contents de n’avoir pas conscience de la situation. Nous n’avions qu’à les imiter. Il suffisait d’imaginer que nous étions des camemberts et rester impassibles. »

 « Après une longue absence, il proposa des retrouvailles au Petit Keller. Je préférai m’appuyer contre un mur sur le trottoir d’en face plutôt que de pousser la porte et dire j’attends quelqu’un. Il me semblait qu’on pouvait lire sur mon visage IL NE VA PAS VENIR. Le garde-fou de la fenêtre au rez-de-chaussée me sciait les omoplates et il n’y avait qu’un mince rebord en pierre glacée pour s’installer. »

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commentaires

Aifelle 13/11/2013 13:15


J'avais beaucoup aimé ce petit livre, lu à sa sortie, tout comme "eau sauvage".

Violette 18/11/2013 14:33



c'est mon premier de l'auteur... à suivre!



Philisine Cave 07/11/2013 20:35


J'ai aimé ce court roman et je te conseille son Grand-père extra (le livre, parce que le pépé vaut son pesant de cacahouètes). Valérie Mréjen sait travailler sur les relations nocives avec ironie
et causticité : je trouve que c'est un talent rare à souligner. Bonne soirée, Violette (enfin, nous sommes d'accord)

Violette 07/11/2013 20:38



:-) je ne doutais pas un instant que nous allions nous retrouver ! Et bonne nouvelle, Grand-père est dans ma PAL. C'est sympa de tomber sur un auteur bien original!



Margotte 07/11/2013 15:10


Tiens, en ce moment, tu es agrume est je suis citron

Violette 07/11/2013 18:19



faisons un cocktail :-)



Alex-Mot-à-Mots 07/11/2013 09:01


Ah oui, un personnage qui se prend pour un agrume. Pourquoi pas, il en faut pour tous les goûts.

Violette 07/11/2013 18:51



mais oui, c'est sympa l'agrume :-) plein de vitamines pour lutter contre cette grisaille :-)



jerome 06/11/2013 20:20


Pourquoi pas mais je n'en ferai pas une priorité.

Violette 07/11/2013 20:42



original et très court, alors n'hésite pas!



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