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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:10

 

C’est mon troisième livre de Decoin et le petit constat que je peux faire, c’est que les trois sont résolument différents. Si   Avec vue sur la mer nous faisait voyager sur les côtes sauvages normandes, si  Est-ce ainsi que les femmes meurent nous amène à réfléchir, à travers un meurtre sordide, sur la responsabilité des témoins, ce livre est spirituel. Didier Decoin nous raconte la vie de Jésus, depuis ses 30 ans jusqu’à sa mort. Comme le sous-titre l’indique, « Une histoire joyeuse du Christ », l’auteur nous propose une version gaie, drôle et très vivante de ses « aventures ». 

Jésus a commencé, à trente ans, à prêcher la bonne parole. D’abord accompagné de deux amis, douze apôtres vont le suivre puis une foule immense attirée par son discours mais aussi par ses actes, si prodigieux.  Vous saurez ainsi comment Jésus change en vin des jarres emplies d’eau, comment il guérit un paralytique qui se remet à marcher, comment il a su faire d’un collecteur d’impôts avide et escroc, un homme pauvre et généreux, comment il fait revenir à la vie une fillette de 12 ans plongée dans le coma, comment il multiplie pains et poissons pour ses 5000 auditeurs, comment il jugule une tempête sur le lac de Tibériade d’une voix calme et posée.

Sans vouloir convertir ou enrôler le lecteur, Decoin nous raconte de manière simple une belle histoire. Celui qui se laisse appeler Rabbi est un Jésus gourmand, parfois un brin espiègle, convivial, rieur, « aussi tenace et résistant que l’encre dont se sert le scribe pour copier la Torah. » Le rire est associé à chacun de ses miracles et ça nous change drôlement de l’austérité véhiculée trop souvent par le christianisme. Je n’ai pas appris grand-chose mais j’ai été émue par certains passages et j’ai pris un grand plaisir à livre cette version colorée d’une partie de la vie de Jésus. L’écriture de Didier Decoin m’a encore une fois charmée par sa délicatesse, sa fluidité.

« Le Mal se dépasse en mal comme pour provoquer Jésus, le déséquilibrer, l’effarer, le navrer, l’obliger à détourner son regard de cette humanité geignarde, nauséabonde répugnante. »

« les hommes vont rarement jusqu’au bout, presque toujours ils tombent avant. »

« Marie est la seule à avoir revu Jésus vivant. La seule de tout Jérusalem, et même la seule du monde entier, à l’avoir serré contre elle. Elle sent encore la pression chaude de son corps, là, contre sa poitrine et son ventre. De temps en temps, c’est plus fort qu’elle, l’émotion la submerge et elle pleure en riant. »

 

 

Je me permets de citer un extrait de l’article trouvé sur le site de Psychologies.com et consacré à la découverte de la foi de Didier Decoin :

« Ce type d’expérience relève de l’indicible. On ne voit rien, on n’entend rien. Mais un choc se produit. Le souvenir est resté dans ma mémoire plus précis qu’une photo. C’était un 8 septembre. Il était 11 heures du soir. J’avais une chambre avec un petit lavabo dans notre maison de campagne. Je me suis brossé les dents et, soudain, j’ai eu l’intuition que Dieu n’existait pas. C’était tout le contraire d’une conversion. Je suis allé vers ma table de nuit pour noter cette idée. Le temps d’arriver jusqu’à mon stylo, un renversement complet, indescriptible, s’est opéré en moi. Toujours sans rien voir ni rien entendre, me vint la soudaine conviction, non par réflexion, mais par évidence, aveuglante évidence, que ce Dieu dont je croyais pouvoir démontrer la non-existence une minute plus tôt existait. Plus, qu’il était vivant et créait entre Lui et moi une relation d’amour. »

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commentaires

vannson 09/09/2014 16:49

J'ai rencontré Didier Decoin quand il a présenté ce livre à Epinal. Il est resté plutôt laconique sur ce qui lui est arrivé à Chaufour et qui est à la source de sa foi, d'une sincérité indiscutable et volontiers iconoclaste. Une foi dont le surgissement a été d'autant plus surprenant qu'il était issu d'un milieu athée, aux convictions résolument matérialistes, comme André Froissard ou Paul Claudel !

Violette 09/09/2014 17:20

J'avoue que ça m'étonne aussi, en général, on perd sa foi, on ne la gagne pas subitement. Merci pour ton commentaire ;-) J'ai beaucoup d'admiration pour Didier Decoin!!

Une Comète 07/12/2012 16:14


Je suis en train de le lire et je suis plutôt séduite... une écriture très douce, lumineuse, joliment poétique....

Violette 07/12/2012 18:07



j'ai ressenti la même chose. Decoin ne m'a jamais déçue (et j'ai encore un de ses livres dans ma PAL, chouette!)



Alex-Mot-à-Mots 18/11/2012 19:11


Un auteur qui découvre la foi et qui le proclame, assez rare pour être remarqué.

Violette 19/11/2012 22:33



surtout de nos jours!



soukee 18/11/2012 16:58


Pas du tout mon genre de lecture ! ;)

Violette 19/11/2012 22:33



ce n'est ni gnangnan ni cul béni ;-)



Gwenaëlle 18/11/2012 11:11


C'est tellement rare qu'on présente une divinité de cette façon! Rien que pour ça, il mérite sans doute le détour... 

Violette 19/11/2012 22:38



tout à fait!



L'irrégulière 18/11/2012 10:53


J'avoue que la citation finale m'interpelle...

Violette 19/11/2012 22:27



elle est belle, hein?



niki 17/11/2012 19:36


je suis plutôt du genre "mécréante" mais voilà tout de même un livre que j'aimerais découvrir, j'aime aussi l'écriture de didier decoin

Violette 19/11/2012 22:25



je crois qu'on peut être mécréante (je n'en suis pas loin!) et lire ce livre...



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