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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 10:06

 

Toujours en quête de livres sympa, pas longs et pas difficiles pour mes élèves trognons (première vérification quand ils ont un bouquin en main : regarder le nombre de pages ! Peut-on espérer que ça change, un jour ?), j’ai choisi ce livre un peu au hasard. Une fois chez moi, une légère appréhension m’a traversée par rapport au titre.

Mes a priori négatifs se sont vite envolés ! Sous la forme d’un journal intime allant de septembre 1964 à août 1965, nous pénétrons dans l’univers d’une adolescente en souffrance, Patricia. Son mal-être provient avant tout de son entourage familial. Son père l’ignore, sa mère ne cesse de l’humilier, de la rabaisser, de la critiquer, sa sœur aînée, une nouille, est une balance craintive et son petit frère l’ignore, tout comme son père. Sans ami, que reste-t-il à Patricia ? le vol, elle subtilise l’argent de poche de sa sœur pour s’acheter des sucreries. Et puis, elle écrit. Son journal, à la fois thérapeute et confident, l’accompagne. Elle le cache, y raconte ses malheurs, mais y confie aussi ses premières fictions. Elle écrit de courts textes dont le protagoniste est toujours une adolescente. Ces nombreuses jeunes filles représentent bien sûr toutes les facettes de Patricia mais aussi les adolescentes qui l’entourent.

Il y a une Béatrice parfaite et heureuse ; une Sarah juive, pendant la deuxième Guerre Mondiale, traquée et terrifiée ; il y a Viviane emprisonnée et condamnée à mort ; Laurence, soudain muette parce qu’incomprise de ses parents ; Gaëlle, une clocharde réfugiée dans un blockhaus ; Marianne, une leucémique qui après une brève rémission, meurt brutalement. Et Suzanne, enfin, qui, entrée dans un centre destiné à rendre libres de jeunes gens malheureux et perdus, se met à écrire, écrire, écrire sans qu’on l’en empêche.

J’en ai lu des récits d’ados mal dans leur peau mais ce roman qui me semble autobiographique a quelque chose de spécial. La détresse de Patricia est palpable, on souffre pour elle, ses parents sont à étrangler mais le monde des années 60 est à pointer du doigt aussi pour son puritanisme, son éducation culpabilisante, la tyrannie des apparences. Jamais les parents n’ont récompensé, félicité, rassuré, consolé, réconforté leur fille ; par contre les phrases assassines fusaient chaque jour : « ça ne t’autorise pas à nous empoisonner la vie comme tu le fais », «ça ne te suffit pas d’être une sale gosse, il faut en plus que tout le monde le sache ? », « Garce, il te les faut tous ! »

J’ai été très touchée par ce témoignage.

« N’empêche que mes parents auraient pu me parler, au lieu de refermer la bulle. Pour eux, le monde extérieur n’existe pas, ne DOIT pas exister. Quitte à boire des litres d’eau de fleur d’oranger. »

« Est-ce qu’il faudra me tuer pour attirer l’attention ? Qui ? Ma sœur, bien sûr, celle qui par erreur est née avant moi, celle que mes parents aiment, celle qui depuis treize ans m’empêche d’exister. »

« Mes parents vivent comme s’ils passaient un examen permanent, nus derrière une vitre. L’important n’est pas ce qu’on fait, ce qu’on vit, ce qu’on ressent, mais ce qu’en pensent les autres. Il faut donc toujours gagner plus d’argent, acheter plus de maisons, avoir des enfants plus brillants en classe,  qui épouseront plus tard les meilleurs partis. Ils se fichent bien qu’on soit heureux ou non ; la seule chose qui importe est de leur faire honneur, pour qu’on dise d’eux qu’ils ont réussi. Même si on sait, au fond, qu’on a tout raté puisqu’on ne s’aime pas. »

 

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 09/04/2012 20:39


Et tes trognons, ils en ont pensé quoi ?

Violette 09/04/2012 21:54



pas encore testé, c'est pour l'an prochain, j'anticipe! :-)



Gwenaëlle 05/04/2012 21:05


Tu me donnes bien envie de découvrir cette histoire... 

Violette 06/04/2012 09:36



c'est poignant et pas cuculapraline, je trouve



Milly 05/04/2012 01:29


C'est noté, ça semble bouleersant! 

Violette 06/04/2012 20:26



ça l'est effectivement !



Tiphanie 04/04/2012 19:58


ça a l'air pas mal, je note!

Violette 06/04/2012 20:29



tu peux ;-)



Annie 04/04/2012 17:46


J'avais justement cet âge dans ces années-là et c'est vrai que l'éducation était puritaine et culpabilisante... Tout ça a beau s'être terminé par mai 68, je pense que bon nombre en ont été
marqués pour la vie. Un livre qui me tente bien ! 

Violette 04/04/2012 18:24



ah oui, c'est sûr! il y a des traces dans certaines familles qui ont duré, duré (je sais de quoi je parle!)



Richard 04/04/2012 16:56


Merci à toi !!


Je passe cette information à mes amis enseignants !!


Bonne journée


Amitiés

Violette 04/04/2012 18:30



excellente soirée à toi !



Péléane 04/04/2012 12:55


Grand concours sur mon blog : http://peleane.over-blog.net/article-grand-concours-un-an-102658514.html ! Ca te dit ?

Céline72 04/04/2012 10:15


Je prends note, merci pour cette chronique !


Bonne journée !

Violette 04/04/2012 11:14



je t'en prie, belle journée à toi!



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