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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:07

 

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A tous les contemplatifs, les lents et les timides, ce livre est fait pour vous !

 

            Arnold Spitzweg est un employé de la Poste qui vit seul, qui n’a que peu d’activités mais qui trouve son bonheur, ses petits bonheurs plutôt, dans tous les instants de la vie quotidienne. J’aime cette dénomination « Monsieur Spitzweg » qui, répétée inlassablement par Delerm, donne au personnage un air professoral, propre sur lui et extrêmement respectable. Ca plaît ou ça agace d’ailleurs.

            Pour ceux qui connaissent un peu Delerm, ce livre est une petite nuance aux précédents que j’ai pu lire. Il s’agit plus de répertorier les petites manies du quotidien, nos défauts ou nos travers. Et ce n’est pas déplaisant. Certaines anecdotes prêtent à sourire : l’importance de son premier portable, par exemple. Monsieur Spitzweg « rentre chez lui à pied. Arrivé sur la place de la Concorde, ou bien à la Madeleine, il sort son appareil d‘un air gourmand, et tout à coup se sent en possession du monde. »

Pas mal d’humour, donc, dans ce petit livre qui se moque un peu de nos faiblesses. Comme Spitzweg, on se souvient parfois mieux des interminables files d’attente plutôt que des différentes expos qu’on a pu voir. Monsieur Spitzweg se fait d’ailleurs un devoir de ne pas les manquer : « un petit air entendu et satisfait promené au long des cimaises lui suffit. D’ailleurs, il ne s’agit pas tant de voir que d’avoir vu. Monsieur Spitzweg sort du musée avec la satisfaction du devoir accompli. Un petit coup de soleil est revenu après la pluie. Comme on est bien dehors ! Monsieur Spitzweg arpente le bitume l’esprit libre. »

Cet homme précautionneux et parfois maniéré peut se targuer de ne jamais juger les autres, il accorde à tout le monde « un regard, une seconde, un battement de paupières, comme un acquiescement. Le fleuve coule, et la rumeur semble emporter tous les poissons dans le même courant. Mais deux espèces nagent côte à côte, et l’on ne choisit pas sa race. Il y a les regardants, les regardés et les seconds ont besoin des premiers. Monsieur Spitzweg, avec son pardessus d’hiver, son imper de demi-saison, monsieur Spitzweg est regardant, bien sûr. Il s’en félicite souvent – et parfois s’y résigne. »

             Vous l’aurez peut-être déjà compris, j’ai apprécié ce livre, plus que Quelque chose en lui de Bartleby où on retrouve le même bonhomme. Bien sûr, le doute plane, ce Spitzweg est-il le plus grand des nigauds ou le plus grand des sages ? Je crois qu’on n’a pas envie de répondre à cette question en refermant le roman.

Delerm nous balance quelques évidences à la tête mais n’a-t-on pas besoin, parfois, de les réentendre, ces évidences, pour prouver qu’on existe ?

Ses romans, même si j’y décèle des imperfections, me remettent dans le droit chemin, me soulagent et me consolent des rudesses de la vie.

 

N.B. n°1 : j'aurais aimé comprendre la présence de la phrase de Johnny Hallyday citée en exergue "Y'a-t-il quelqu'un ici qui veuille m'aimer?"  scratch

N.B. n°2 : le choix d'illustrer la couverture avec ce tableau de Magritte est, je trouve, particulièrement pertinent. Voici Golconde dans son intégralité :

 

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commentaires

Lilibook 18/01/2011 13:18



très bon souvenir lecture pour moi aussi, j'aime beaucoup Delerm.



Alex-Mot-à-Mots 14/01/2011 10:43


Un roman qui console, cela fait du bien aussi, les livres-doudous.


Violette 14/01/2011 13:07



oh que oui !



Irrégulière 13/01/2011 18:21


Ah, je ne l'ai pas lu celui-là !


Violette 13/01/2011 18:30



je crois qu'il n'y a pas à hésiter!



Mirontaine 13/01/2011 16:30


Tu ravives un très bon souvenir de lecture! merci.


Violette 13/01/2011 18:29



je t'en prie ;-)



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