Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 17:43

 

 

Sans doute le livre le plus connu de l’auteur. Je l’ai en tous cas souvent vu entre des mains de collégiens.

J’avoue d’emblée qu’il m’a un peu lassée. Son titre l’indique, il s’agit des aventures et des déboires d’une enfant puis d’une ado trop petite selon les critères de « normalité ». C’est l’auteur qui raconte ses confessions qui vont de l’âge de six ou sept ans jusqu’à la presque majorité.

Années 60. La demoiselle vit avec ses parents en Belgique, sa première prise de conscience vis-à-vis de sa taille se fera durant une visite médicale où on propose aux parents d’envoyer la « pilule » faire soigner son anémie dans un centre spécialisé. Elle se rebiffe, s’inquiète par rapport à ses parents : « S’ils voulaient se débarrasser de moi parce que je suis trop petite, justement ? Parce que je ne leur conviens pas comme enfant ? » mais son père et sa mère la rassurent rapidement comme ils l’ont fait auparavant, comme ils le feront par la suite. Le centre se révèle être un écrin de verdure, un magnifique château où seuls les repas sont un moment de torture puisqu’ « on est obligé de terminer son assiette si on ne veut pas se la voire resservie le soir. Je vomis systématiquement les repas qui ne passent pas. Je reste des heures seule, en larmes, au réfectoire devant mon assiette froide où les aliments se figent dans les sauce qui coagule ». C’est à l’insu de tous que la cuisinière lui fait découvrir un énorme placard regorgeant de sucreries, de gâteaux et de viennoiseries. Bien sûr que la petite a bien envie de les manger, beaucoup plus que le plat de lentilles ! Elle aura pris 5 centimètres au bout de trois mois et son anémie aura disparu.

A 9 ans, elle passe un concours pour devenir petit rat de l’opéra. Plus qu’ailleurs, on trouve sa petite taille très drôle, les filles candidates, comme les mères, sont terriblement méprisantes. « Et j’ai honte, soudain. Honte d’être là. J’ai honte de ma taille, honte d’être différente de ces grandes gigues. Pour la première fois, je me sens écartée, mise à l’écart, rejetée. » Contre toute attente, les professeurs ont aimé sa grâce et sa légèreté et l’ont admise. C’est surtout Lydia qui la prend sous son aile en lui assenant des paroles qu’elle n’oubliera jamais : « Tu sais, ce sera dur pour toi (…). Plus dur que pour les autres. Si tu veux vraiment devenir danseuse, il ne faudra jamais baisser les bras. (…) N’oublie jamais que la gloire est éphémère et que la grandeur se mesure à la simplicité ».

Deux ans après, la narratrice est recalée à cause de sa petite taille. Elle en pleure même si elle n’a jamais rêvé d’être danseuse. C’est encore Lydia qui la réconforte et la motive : « sache que tu n’as pas fini de pleurer, malheureusement. Et si tu n’as que les larmes pour te défendre, pour te protéger, tu t’y noieras très vite. Ce n’est pas en pleurant que l’on avance dans la vie mais en se battant, en surmontant ses faiblesses, en dépassant ses limites, en se jouant des difficultés. Là est le mérite. »

A 11 ans, nouvelle visite médicale, on lui propose cette fois un traitement qui la ferait grandir de 4 ou 5 centimètre seulement mais qui risquerait de développer son système pileux. Refus horrifié de toute la famille. Adulte, la narratrice se réjouit de ne pas avoir eu recours à ces hormones de croissance contaminées.

La fin de l’école primaire et l’entrée au collège sont ponctuées par une série d’épreuves couronnées par une victoire ; à un spectacle de fin d’année sur le thème de la gourmandise, elle épatera le public, déguisée en pastille Valda, grâce à ses talents de danseuse ; à une tombola de fin d’année, elle gagnera un vélo beaucoup trop grand pour elle mais fera taire rires et moqueries en y grimpant malgré tour et en faisant le tour de la salle.

Elle ne trouve malheureusement aucune parade pour éviter le calvaire hebdomadaire de la piscine. Le déménagement en France ne l’aidera pas non plus à prendre confiance en elle puisque c’est de son accent belge qu’on se moquera, en plus de sa taille. C’est alors, à 14 ans, qu’elle commence à rédiger un journal, ce journal dont les pages seront souvent noyées de larmes.

En classe de 4ème, en 1968, elle se rend compte avec bonheur que la mixité dans la classe lui est bénéfique puisqu’elle plaît aux garçons. Elle se trouve également des passions où elle excelle : la rédaction par exemple. Son professeur de lettres n’aura de cesse de la motiver et de l’encourager à continuer à écrire : « un jour, si vous vous en donnez la peine, vous serez un grand écrivain ! Je dis bien un grand, souligne-t-il en m’adressant un clin d’œil affectueux ». Elle garde également un souvenir attendri de son professeur d’histoire qui a su lui donner goût à cette matière.

A seize ans, en classe de 3ème, elle remporte une petite bataille supplémentaire puisqu’elle se rend compte qu’elle est heureuse, bien dans sa peau alors que les filles qui l’entourent le sont beaucoup moins. « Les questions angoissantes qui me torturaient l’esprit ont fini par trouver leur réponse. J’ai conscience que mon développement physique est pratiquement terminé et que je ne grandirai plus. » Pour répondre aux quolibets, elle a recours à l’humour, à la répartie, à la provocation. Elle n’hésite pas non plus à se tourner en dérision, va aux devant des remarques désagréables pour pouvoir plus vite passer à autre chose. Elle dépasse sa dernière difficulté, celle de prendre la parole en public, en 2nde, quand, lors d’une réunion, elle fera taire un grand dadais et montera sur une table pour faire entendre sa voix.

« Plus jamais je n’ai eu à souffrir de ma différence. Plus jamais je n’y ai prêté la moindre attention. J’avais d’ailleurs oublié la plupart des souvenirs évoqués dans ce livre. »

 

 

Le texte est simple et linéaire, un peu trop à mon goût, mais il est un vrai message d’espoir et de courage. Les jeunes complexés pourront sans doute s’identifier à la narratrice et puiser dans le livre quelques recettes pour prendre confiance en soi. C’est l’objectif premier de l’écrivain je pense.

Voilà vraiment un livre pour les jeunes. Certaines phrases-choc sont écrites en vert fluo, la présentation est sympa même si elle ne m’a pas atteinte.

Chaque chapitre commence par une citation sur le thème des gens de petite taille, citations que l’auteur-narrateur avait apprises par cœur pour savoir se défendre verbalement contre les moqueries entendues. Certaines sont goûteuses et en tant que pas-grande-du-tout, je ne résiste pas à l’envie de les reproduire ici :

-      La bonne longueur pour les jambes, c’est quand les pieds touchent bien par terre. Coluche

-      Ne jugez pas le grain de poivre d’après sa petite taille, goûtez-le et vous sentirez comme il pique. Proverbe arabe

-      Moi, je suis bien dans ma peau, elle est juste à ma taille. Anonyme

-      La taille ne fait pas tout. La baleine est en voie d’extinction alors que la fourmi se porte bien. B. Vaughan

-      Les gens petits sont défavorisés car ils sont les derniers à savoir quand il pleut ! Peter Ustinov

-      Ne sous-estimez pas les petits adversaires : un lion se voit, pas un virus. Anonyme

Partager cet article

Repost 0
Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Violette
  • Le blog de Violette
  • : Un blog consignant mes lectures diverses, colorées et variées ... et d'autres blabla en prime.
  • Contact

à vous !


Mon blog se nourrit de vos commentaires...

Rechercher

Pages