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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 13:47

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        Nathan Zuckerman est écrivain. Suite à des menaces de mort, il s’en va se terrer dans la campagne profonde des Etats-Unis.  A 71 ans, il décide de ressurgir à la surface et se rend à New York. Le voyage a un but thérapeutique : il se fait opérer dans l’espoir d’améliorer une incontinence persistante (conséquence malheureuse d’un cancer de la prostate). Sur un coup de tête, il répond à la petite annonce d’un couple d’écrivains en acceptant d’échanger sa maison perdue contre un appartement new-yorkais. Contre toute attente, il tombe éperdument amoureux de la jeune femme qui a 40 ans de moins que lui, et qui lui inspirera une série de dialogues intitulée « Elle et lui ». Mais il va aussi rencontrer Richard Kliman, un jeune homme aux dents longues qui tente d’extorquer à Zuckerman des révélations sur un autre auteur décédé, Lonoff, dans le but d’écrire sa biographie. Puis, ce sera le tour d’Amy Bellette, l’ex-compagne de Lonoff, d’entrer en scène. Vieille elle aussi, elle lutte contre un cancer du cerveau et ne vit que dans le souvenir de son amour pour Lonoff.

Réflexions sur la vieillesse et décrépitude. Nathan perd sa virilité, sa continence mais petit à petit sa mémoire flanche, elle aussi. Le livre retrace d’ailleurs le chemin sinueux de son cerveau empli de doutes, d’hésitations, d’incertitudes.

Cet état « finissant », ce passage de la vie à la mort est raconté de manière tantôt cruellement ironique :

« L’instrument jadis rigide de la procréation était maintenant comme l’extrémité d’un tuyau qu’on voit sortir d’un champ, quelque part, un bout de tuyau incongru qui goutte et gicle par intermittence, qui crache de l’eau sans aucun but, jusqu’au jour où quelqu’un pense à donner à la valve le tour de vis supplémentaire qui va arrêter cette foutue écluse. »

« Qui eût cru que Nathan Zuckerman n’était pas de taille à résister ? Et pourtant c’est le cas, il est kaputt, un pauvre petit être isolé, un évadé à bout de forces qui  se retrouve dans le pire état où il ait jamais été. Maintenons-le dans un état de confusion mentale, continuons à le harceler, et cette espèce de vieillard cacochyme va s’effondrer. »

tantôt avec une émotion certaine, empreinte de nostalgie et de tristesse :

« Vous lui disiez : « Oh, Manny, nous pourrions être si heureux à Florence ». Apprendre ça lui a causé une joie immense. « Mon Dieu, mais quel voyou ! Quoi d’autre ? Quoi d’autre ? Avoir un témoin de quelque chose qui s’est passé il y a si longtemps – quelle bénédiction ! Dites-moi ce que vous avez entendu, voyou ! Racontez-moi tout ! » Racontez-moi, me disait-elle, racontez-moi, s’il vous plaît, ce moment intime avec cette personne irremplaçable que j’aime et qui est morte, racontez-moi cela le jour où j’apprends le retour de la tumeur… »

Philip Roth fustige également les critiques et la presse et évoque le devenir post-mortem d’un écrivain et de son œuvre.

Un grand livre pour lequel il y aurait tant à dire, bien écrit et juste mais un roman difficile qui met à nu nos craintes les plus profondes, les plus intimes. Ce n’est pas très gai en définitive

Avec ce neuvième tome des aventures de Nathan Zuckerman, Roth clôt un cycle débuté en 1979.

 

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« être incapable, au bout de quelques minutes à peine, de me rappeler grand-chose de la page précédente »

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 24/06/2010 20:09


Difficile la dernière phrase...


Lapinoursinette 20/06/2010 22:56


On en ressort assommé il est vrai. Mais c'est aussi une période de la vie qu'il faut savoir regarder en face et Roth nous y aide...


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