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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 08:45

 

            C’est grâce et pendant un séjour en Normandie que j’ai lu ce livre qui se résume tout simplement : Didier Decoin, sur le mode autobiographique, clame son amour pour une maison trouvée à la Hague (au nord ouest de la Normandie) après des mois et des mois de recherches infructueuses.

            Didier et son épouse Chantal, jeune couple amoureux, se décide à acheter une maison dans ce coin sauvage et rude qu’est le nord du Cotentin. On leur apprend d’abord qu’ici, les maisons ne se vendent pas, et on n’y construit pas non plus. Après quelques rares visites de masures, ils jettent leur dévolu sur une petite maison « avec vue sur la mer » mais les propriétaires se rétractent avant de signer. Ils acceptent tout de même de rencontrer l’écrivain et son épouse. « Notre procès, car c’était bien pour être jaugés et jugés que nous étions venus, se joua sur un long échange de regards entre Mme N… et ma femme. La petite dame dévisagea Chantal avec une intensité presque douloureuse, plongeant dans le bleu de ses yeux comme si elle avait voulu atteindre son âme et y trouver la certitude que nous n’avions aucune idée tordue derrière la tête en prétendant acheter cette maison. Elle devait s’interroger sur l’étrange perversion dont nous étions atteints pour avoir jeté notre dévolu sur une maisonnette aussi étriquée et sur un pays aussi austère et rudoyant ». Le charme opère et le vieux couple de propriétaires cède sa maison. Les imprévus et les travaux se succèdent mais le couple accompagné un peu plus tard de leurs trois enfants ne se lassera jamais de leur acquisition. Ca tombe plutôt bien puisque cet achat coïncide avec l’obtention du prix Goncourt (1977 pour John l’Enfer).

            Si l’écriture m’a vraiment séduite, si les descriptions de cette région si particulière m’ont enchantée, je me suis sentie peu concernée par les préoccupations de ces propriétaires qu’on peut qualifier de nantis. Car j’ai oublié de le dire, c’est bien d’une résidence secondaire qu’il s’agit là et certains « soucis » comme l’achat d’un bateau, l’aménagement de jardin, le réaménagement de jardin par un des plus grands horticulteurs, la construction  d’une véranda… ont eu du mal à obtenir ma totale adhésion. Pourtant, le livre a le grand mérite d’être tout à fait positif, prônant la bonne bouffe (de poissons, de fruits de mer et d’autres crustacés, bien sûr.), l’authenticité, le bonheur simple. Le style de Decoin a quelque chose de familial comme une cuisine peut l’être : faite de saveurs anciennes et familières, on la dévore, on se ressert, on s’en rassasie avec gourmandise.

            Je ne connaissais pas l’écrivain et je me suis rendu compte que j’avais déjà Est-ce ainsi que les femmes meurent dans ma PAL depuis quelques bons mois. Il me tarde de le découvrir.

            Une dernière petite rafale, lorsque Decoin raconte si bien ses lectures (il fait désormais partie de l’Académie Goncourt) depuis chez lui :

« Je revois avec une absolue précision cette place dans notre véranda où de futurs lauréats comme Le Testament français d’Andréï Makine, Le Chasseur Zéro de Pascale Roze, Rouge Brésil de Jean-Christophe Ruffin ou La bataille de Patrick Rambaud, ont attendu que je m’empare d’eux pour leur faire grimper le périlleux escalier épave qui mène à mon nichoir sous les toits, pour les ouvrir et les découvrir enfin, là-haut face à la mer dont l’éclatement soyeux contre les rochers correspond parfois, avec une synchronisme étonnant, au bruit de la page tournée. »

Et une tempête sur La Hague pour mieux comprendre la beauté de la région :

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commentaires

Un autre endroit... 13/08/2011 22:38



C'est joli par là ! La maison de Dider Decoin est pas mal...et il y aussi pas loin celle de Prévert...bref à voir !



Violette 17/08/2011 13:30



oh oui, j'aimerais découvrir tout cela! Merci pour la visite!



clara 07/08/2011 07:57



J'ai adore ce livre, ma mère aussi l'a lu , c'est rare qu'on lise en commun


signé keisha (sur l'ordi de clara)



Violette 07/08/2011 10:44



il nous arrive aussi, à ma maman et à moi, de lire le même livre. C'est chouette ;-)



Margotte 06/08/2011 13:44



Je suit totalement amoureuse de cette presqu'île de la Hague ! En revanche, sans l'usine de retraitement des déchets nucléaires...



Violette 06/08/2011 14:23



moi j'en suis amoureuse sans y avoir jamais été, c'est pire ^^



Za 06/08/2011 12:25



Mais quelle quiche je fais !! C'est ça, la gloire...



Violette 06/08/2011 14:24



j'aime beaucoup les quiches moi :))



Za 05/08/2011 15:57



Chère Violette, bloggeuse stylée, sache que je viens de te taguer, que dis-je ? De te décerner un prix ! Toutes les modalités sont ici :


http://le-cabas-de-za.over-blog.com/article-stylish-vous-dis-je-80909455.html






Violette 06/08/2011 10:32



me voilà flattée! il y a juste que j'ai déjà eu le prix (c'est ça, être une star!). Bon week-end, miss !



Ys 05/08/2011 09:37



J'ai son tout dernier roman dans ma PAL,  totalement diférent, j'espère qu'il me plaira...



Violette 05/08/2011 11:48



c'est un auteur que j'ai très envie de suivre. J'ai découvert qu'il était pas mal médiatisé... je ne savais pas.



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