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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 18:52

 

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            Seconde guerre mondiale. Un petit village de montagne non loin de la frontière espagnole.

            Jo, douze ans, s’endort au lieu de tenir dignement son rôle de berger. Malheur, les aboiements de son fidèle Rouf le réveillent : une ourse a semé la pagaille dans le troupeau. Jo court prévenir les hommes restés au village. C’est l’épicier Armand Jollet qui tue l’ourse et la ramène victorieusement au village. C’est « le premier ours que nous tuons à Lescun depuis 25 ans » déclare fièrement le maire dans une liesse générale. Pourquoi l’ourse aurait pris tant de risques et pourquoi se serait-elle approchée à ce point des habitations ? Jo trouve la réponse en découvrant un ourson dans la forêt. La maman voulait protéger son petit ! Double rencontre pour Jo puisqu’il aperçoit Benjamin, un homme roux aux allures sauvages. Il s’agit en fait du gendre de la veuve Horcada, une vieille dame vivant dans une ferme à l’écart du village.

            Le prétexte de l’ourson pour rencontrer Benjamin m’a un peu gênée mais les enfants seront sans doute attendris par l’image du petit animal tétant le lait au goulot d’une bouteille… Contrairement à son apparence de vieille femme revêche et brusque, la veuve Horcada a un grand cœur : elle cache des enfants juifs avant leur passage en Espagne. Tout bascule le jour où une patrouille de soldats allemands élit domicile à Lescun. Des centaines de S.S. longent la frontière rendant donc impossible la fuite des enfants juifs qui se réfugieront désormais dans une grotte.

            Jo sera le complice et l’allié des clandestins jusqu’à l’arrivée de son père, revenu de la guerre. Le village entier va alors se mobiliser pour aider les enfants juifs à passer la frontière au nez et à la barbe des soldats allemands pendant la transhumance. Le roman se termine sur l’extermination de Benjamin et une des petites filles juives, Léah, tous les deux attrapés lors de la transhumance. Contre toute attente, Anya, la fille de Benjamin, disparue dès le début de la guerre, rentre au village.

            C’est un roman pour jeunes ado (9-13 ans, je dirais), certains thèmes leur plairont sans aucun doute : les animaux, le secret, l’histoire d’amour entre le grand-père de Jo et la veuve Horcada, le simplet du village et ses maladresses… Personnellement, j’ai eu du mal à embarquer. Je reconnais que l’écriture de Morpurgo est délicate et poétique, certains passages sont poignants, mais j’ai été lassée par les longueurs. Le positif c’est qu’on n’est pas de plain-pied dans la caricature : les Allemands sont sympa pour la plupart, ils réussissent même à cohabiter avec les villageois dans la joie et dans la bonne humeur. Mais à un certain moment, ils doivent faire leur « boulot ».

            Les jeunes lecteurs pourront également bien se rendre compte de l’invasion de l’ennemi, qu’un petit village perdu dans la montagne soit occupé, que chaque recoin de maison soit fouillé peut impressionner.

            Une mention particulière pour l’œuvre artistique d’Hubert, le simplet du village : « Les miniatures d’Hubert étaient en mie de pain. Il ouvrait une miche en deux, en retirait la mie et la pétrissait en crachant dessus de manière à obtenir une pâte épaisse et dense. Puis il l’étalait au rouleau et, lorsqu’elle se réduisait à l’épaisseur d’un papier à cigarette, il y découpait les formes désirées. C’est ainsi qu’il transformait ce matériau incongru en tasses, en bols, en calices minuscules. Une foi le modelage achevé, Hubert le durcissait à la pointe d’un fer chaud. Il était stupéfiant de voir sortir de ces mains, si grandes et apparemment pataudes, un travail d’une telle finesse. »

 

« Inerte, transportée sur deux longues perches par deux hommes, l’ourse apparut, ballottée de droite à gauche, la langue pendante, ensanglantée. On l’étendit sur les chaises ; ses quatre pattes retombaient mollement, son museau était écrasé contre le dossier d’une des chaises. Jo chercha en vain Rouf : il était introuvable ».

 

N.B. : j'ai lu le livre dans une vieille édition apparemment introuvable, très joliment illustrée.

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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commentaires

Lilibook 06/06/2011 13:30



j'aime bien cet auteur.



Noukette 05/06/2011 23:59



je ne connaissais pas ce titre non plus, pourtant, j'en ai lu un paquet de lui !



Violette 06/06/2011 12:42



il en a tant écrit que je ne savais par où commencer! mais je suis preneuse de titres peut-être un peu meilleurs...



Margotte 05/06/2011 14:00



Je ne connais cet auteur que de nom... et j'ai un peu de mal avec la "littérature jeunesse" même si je fais des efforts !



Violette 06/06/2011 12:24



ahhh, mais je te comprends à 100%! il y a pourtant de petits bijoux dans ce domaine (billets bientôt !)



krol 04/06/2011 22:56



Tiens, un roman de Morpurgo que je ne connais pas !



Violette 05/06/2011 10:37



je n'ai pas lu grand chose de cet auteur que certains adorent, je le sais. Mais ça a été "oui sans plus" pour moi.



Sophie 03/06/2011 21:03



je crois que je vais passer mon tour cette fois-ci :)



Violette 03/06/2011 23:27



je te comprends !



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