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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 21:55

      Mes envies de lecture sont brimées par la nécessité voire l’urgence de préparer mes cours pour ma reprise imminente, et donc de lire des livres pour mes élèves. Le dernier en date : Alice au pays des merveilles. Je ne reviens pas ici au choix de l’édition qui s’est révélé épique et cornélien, pas moins de trois exemplaires d’Alice à la maison finalement, mon choix s’est arrêté sur l’édition Gallimard Jeunesse, Folio Junior. Couverture, pages et formats attractifs (j’espère) et texte intégral malgré tout.


            Alice au pays des merveilles fait partie des classiques de littérature anglaise, même de littérature mondiale. Pourtant, ce livre pour enfants n’est pas si facile d’accès. Il faut savoir, d’emblée, qu’on entre dans l’univers du merveilleux, de l’irréel, mais contrairement aux contes traditionnels, ce livre contient une très grosse dose d’absurde. Expliquer l’absurde aux enfants de 11-12 ans ne sera pas chose aisée !

           Reprenons du début pour ceux ou celles qui auraient de petits trous de mémoire
Alice se repose, aux côtés de sa sœur, sur un talus ; elle s’ennuie, somnole, se sent trop lasse pour prendre un livre, quand soudain passe tout près d’elle « un Lapin Blanc aux yeux roses ». Comme tout le monde le sait, le célèbre Lapin est en retard, il tire sa montre de la poche de son gilet et s’en va à toute allure. Alice, cette petite fille bien sage mais très curieuse, le suit avant de tomber dans un puits très profond. Cette chute n’est pas désagréable et surprend à peine notre jeune héroïne qui s’amuse à observer les parois de ce puits garnies d’étagères et de placards et prend le temps de réfléchir, de penser à son chat à qui elle va bien manquer Sa chute prend fin dans un couloir où elle aperçoit encore le Lapin. Elle le poursuit et arrive dans une longue salle basse d’où elle est incapable, apparemment de sortir. Elle trouve enfin une clé qui ouvre une toute petite porte qui, malheureusement « donne sur un petit couloir guère plus grand qu’un trou à rat ». Qu’aperçoit-elle au bout du couloir ? « le jardin le plus adorable qu’on puisse imaginer » ! Elle se saisit d’un petit flacon qu’elle n’avait pas vu l’instant d’avant, flacon portant l’inscription « BOIS-MOI » et en goûte le contenu. Elle rapetisse pour ne plus mesurer que 25 centimètres ! Formidable, elle va pouvoir entrer dans le jardin merveilleux, mais un nouveau problème se pose : sa petite taille l’empêche d’atteindre la clé de la porte ! C’est alors qu’elle mange un petit bout de gâteau sur lequel les mots « MANGE-MOI » sont tracés  … ... ...  s’ensuivent 1001 aventures ! Elle nagera dans une mare formée par ses larmes,  grandira et rapetissera encore un bon nombre de fois, rencontrera toutes sortes de personnages extraordinaires comme une Duchesse très laide, un Chapelier un peu fou, un chat au sourire géant, une Reine assassine, un Griffon (tête et corps d’aigle, pattes de chien et oreilles de renard) complètement déprimé
La fin du conte nous informe que tout cela n’était qu’un rêve ! Alice se réveille sur le talus du début du livre.

     C’est la naïveté et l’innocence d’Alice qui font toute la fraîcheur de ce conte. C'est l'absurde qui parcourt les pages qui donne une impression de jamais vu dans un conte (le chat lui-même expliquera à Alice "Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle"). Texte pour tous les âges, les adultes pouvant y trouver une critique de la société de l’époque, une critique du monde des pédagogues (dont Carroll faisait cependant partie – il était prof de math !). Le mouvement surréaliste s’est aussi largement inspiré de Lewis Carroll, en voulant ouvrir l’esprit au rêve et à l’inconscient.

Il faut aussi être sacrément connaisseur de la langue et de la littérature anglaise (notamment les comptines) pour déceler et (comprendre!) toutes les pointes d'ironie, toutes les références de l'auteur. 

     Une fois qu’on s’est bien familiarisé avec les personnages et qu’on a accepté le décalage que constitue l’absurde, on se prend à aimer ce conte mais il faut du temps et de la bonne volonté ! J'ai aimé la plupart des passages absurdes, les trouvant assez drôles (et me faisant souvent penser à Ionesco !?!)
Mais sans vouloir être pessimiste, j’entends déjà mes petits 6èmes scander « Mais c’est n’importe quoi ! » à tout bout de page ! Heureusement, le texte est ponctué par les illustrations de John Tenniel, et sont vraiment très proches du texte, fidèles aux mots de Lewis Carroll.

     Notons encore que, dès sa publication, en 1865, Alice au pays des merveilles connut un immense succès, relayé par le cinéma puisque la première version filmée du conte date de 1915 (film muet bien sûr !) notoriété qui traverse les âges puisque le film de Tim Burton sortira en mars 2010, l’intrigue emmènera la jeune fille 10 ans après le livre de Carroll, au moment où elle découvre qu’on la demande en mariage


Il y aurait tant à dire de ce livre! Quelle richesse, quelle profondeur, que d'intertextualité!  
    
   


     J’aimerais terminer par cette photo, il s’agit de LA Alice qui aurait inspiré l’auteur. C’est elle, en réalité, qui aurait demandé qu’on lui raconte une belle histoire

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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commentaires

Mirontaine 08/11/2009 09:28


Tu me donnes envie de ressortir ce livre...^_^.


george 22/10/2009 08:10


Je ne connaissais pas les traits de La vraie Alice, était très mignonne !!


Violette 22/10/2009 09:06


rien à voir avec la blonde de Disney, n'est-ce pas?


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