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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 18:46

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Le livre a obtenu le prix du Polar Jeunesse au Salon de Montigny-lès-Cormeilles en 2007. C’est mérité.

 

         C’est la disparition de son père de cœur qui pousse le narrateur, un homme d’une cinquantaine d’années, à se remémorer un fait de son enfance. Un drame et un scandale.

Retour en arrière. Rentrée scolaire 1965. Gabriel Orthis est instituteur, il a été nommé à Saint-Clémentel pour remplacer Mattéo, « une vraie peau de vache », parti à la retraite. Gabriel Orthis se distingue immédiatement des enseignants que les enfants de 7ème avaient connus auparavant : pas de blouse grise, pas de bonnet d’âne, ni punition ni coups ; la méthode du « nouveau » consiste à faire apprendre des choses aux enfants tout en s’amusant. Une rumeur va rapidement troubler la quiétude d’un village : Gabriel Orthis préfèrerait les hommes ! Ô scandale ! Les esprits sont encore obtus dans les années 60. L’instituteur se fait traiter de « pédé » et la définition d’un homosexuel pour certains villageois est simple : « un malade mental qu’il faudrait enfermer dans une maison close ». Le principal intéressé vit tant bien que mal les ragots de son entourage. Il continue à faire le métier qu’il aime tellement.

Survient alors un drame. Dominique Maréchal, un copain de classe de Rémy, le narrateur, disparaît un samedi de mai. « …le corps de Dominique fut découvert dans un bois des environs. Il avait été jeté derrière un épais fourré, puis sommairement recouvert de feuilles et de branchages. Personne ne connaissait encore les circonstances du drame, mais tout le monde déduisit très vite qu’il avait été assassiné à coups de pierre ou peut-être de gourdin sur le crâne. »

Le garagiste Boutté qui n’a jamais pu supporter les orientations sexuelles du maître d’école, porte immédiatement les soupçons sur lui et c’est devant un groupe de parents d’élèves qu’il l’interroge sur son emploi du temps du samedi après-midi, le moment de la mort de Dominique. Décontenancé, Gabriel Orthis refuse de répondre et s’attire ainsi la malveillance d’une bonne partie des villageois.

Les policiers prennent le relais en l’interrogeant. L’instituteur n’a pas d’alibi, il était chez lui en train de lire, dans sa maison isolée. L’enquête continue et ce sont les élèves qui sont questionnés. Oui, ils aimaient leur maître qui était très doux avec eux ; le narrateur confirme que l’instituteur lui avait déjà posé une main sur la tête… Il n’en faut pas beaucoup plus pour perquisitionner le domicile du maître.  Aucune preuve n’y est trouvée. Pourtant, la banquette arrière de sa voiture est maculée d’une tache noirâtre qui s’avère être du sang. L’excitation des villageois grandit encore un peu plus. L’analyse du sang révèlera qu’il ne s’agissait que du sang d’un lapin acheté à une fermière des environs.     

« Retour donc à la case départ, la piste de l’instituteur se refermait… »

Pourtant, « ils étaient bien peu nombreux ceux qui croyaient en l’innocence de Monsieur l’instituteur. Par principe d’abord : « C’est pas parce qu’on n’a rien trouvé, qu’il n’y a rien ! » ». Le pauvre homme reçoit des lettres de menaces, l’oncle du petit Dominique va jusqu’à tirer des coups de fusil sur sa maison.

Revirement de situation lorsque l’instituteur se fait arrêter et menotter pendant qu’il faisait la classe. Insulté par les villageois. C’est monsieur Pasquier qui aurait vu l’instituteur dans sa voiture près de l’endroit où le petit corps d’enfant a été découvert. L’interrogatoire de Gabriel Orthis dure, et c’est un homme épuisé et découragé qui finit par avouer un crime qu’il n’a pas commis. Il signe le procès verbal. Le commissaire lui-même n’y croit pas mais les villageois sont satisfaits, il n’y a que le petit Rémy, le narrateur qui, seul, mène son enquête. Il refait le chemin qu’aurait parcouru Dominique et comprend les causes de la mort de son copain : il retrouve un morceau du tissu de la chemise de Dominique dix mètres en contrebas d’un mur que le garçon avait l’habitude d’escalader. C’est vrai que le gamin était casse-cou.

Courageux, c’est à vélo que le narrateur accomplit les dix-sept kilomètres qui le séparent du commissariat. Une convocation intimidante de Pasquier lui fait tout avouer : le garçon est tombé sous les yeux du bonhomme qui l’a cru mort. Il s’est affolé, s’est imaginé qu’on pouvait l’accuser à cause de la grosse marque qu’il avait à la tempe, s’est mis en tête de cacher le corps, l’a embarqué dans sa voiture avant de le dissimuler un peu plus loin.

On ne prend pas la peine de prévenir immédiatement Gabriel Orthis qui, désespéré, se pend dans sa cellule. Il ne meurt pas, remercie Rémy : « Dans ses yeux, je lus que quelque chose s’était cassé en lui. Je ne me trompais pas ; j’appris longtemps plus tard qu’il avait eu à endurer les affres d’une profonde dépression ». C’est dix ans plus tard que les deux hommes deviennent amis, que Gabriel Orthis devient même le parrain des enfants du narrateur qui assiste à ses dernières minutes de vie.

« Il tenait ma main entre les siennes. Puis il a dit quelque chose, dans un souffle. Je crois que c’est « Merci, Rémy ». Son étreinte s’est légèrement raffermie. Enfin, il a fermé les yeux et s’en est allé. Gabriel Orthis était un ange. L’amour et l’innocence tombés du ciel ».

L’excipit du roman le prouve : Gabriel Orthis est un peu trop, seulement moi, décrit comme un être frôlant la perfection, et le manichéisme (lui et le narrateur sont un cran au-dessus de tous les villageois et des policiers) m’a dérangée. Mais c’est un roman pour les jeunes, il reflète l’injustice que peuvent subir certains « marginaux », l’esprit étriqué de villageois ayant peur de « l’étranger », la vie carcérale. Un roman édifiant donc, même si les traits sont légèrement grossis ; le suspense ménagé par l’auteur rend sa lecture très agréable.         

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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commentaires

Leiloona 28/08/2010 15:19


Ah ben j'irai voir s'il est au CDI ! :))


Violette 29/08/2010 14:28



fonce :-) !



Alex-Mot-à-Mots 27/08/2010 20:37


Des traits grossis pour les ados, san doute.


Violette 29/08/2010 14:27



oui, il leur convient très bien !



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