Derrière les géants et stars de la plume se cachent souvent des « bons gros bâtards », des types (quelques bonnes-femmes mais elles sont rares) menteurs, rejetés de l’école, drogués, alcooliques, escrocs, voleurs, meurtriers, misogynes, polissons, infidèles, et j’en passe. Les auteurs nous démontrent cela avec un humour potache et malin. J’ai beaucoup appris : Villon a volé, aimé se bagarrer et a même tué un prêtre. Flaubert a taclé à peu près tous les écrivains de sa génération mais il faut dire que Baudelaire n’est pas en reste pour se foutre de ses contemporains : « Victor Hugo continue à m'envoyer des lettres stupides. Vraiment il m'emmerde. Tout cela m'inspire tant d'ennui que je suis disposé à écrire un essai pour prouver que, par une loi fatale, le Génie est toujours bête. » Mais Baudelaire lui-même s’en prend plein la tronche quand les frères Goncourt le traitent de « saint Vincent de Paul des croûtes trouvées, une mouche à merde en fait d’art. » Poe, à 26 ans, a épousé sa cousine de 13 ans… Le pompon revient peut-être à Verlaine, tour à tour violent et infidèle, ou alors aux surréalistes qui, à la mort d’Anatole France, écrivent un pamphlet d’une telle violence que l’écrivain a dû se retourner plusieurs fois dans sa tombe (petit extrait : « Que donc celui qui vient de crever au cœur de la béatitude générale, s’en aille à son tour en fumée ! »). Maupassant, arrivé tard en littérature, adorait se vanter de ses exploits sexuels et, inévitablement a fini par choper la vérole, « la vérole majestueuse … et j’en suis fier morbleu. Alléluia, j’ai la vérole, par conséquent, je n’ai plus peur de l’attraper, et je baise les putains des rues, les rouleuses de bornes et après les avoir baisées, je leur dis « J’ai la vérole ». L’appétit sexuel de Victor Hugo était également légendaire… N’évoquons pas Céline qui ne mérite pas qu’on parle d’autre chose que ses livres.
Une lecture jouissive, irrévérencieuse et finalement un grand bonheur de découvrir ceux qu’on prend pour des génies consciencieux n’être finalement que des hommes avec leurs vices et leurs tares.
Merci à PatiVore pour cette belle idée de lecture, je suis contente d’avoir acheté l’album, je m’y replongerai et y piocherai même des suggestions de lecture. Un index alphabétique des noms d’auteur en fin d’ouvrage est tout à fait justifié et bienvenu.
« Les femmes ressemblent aux girouettes, elles se fixent quand elles se rouillent. » Voltaire
« On raconte qu’un jour Alfred Jarry déjeunait dans un restaurant quand une charmante jeune femme s'installa à côté de lui. Mais comment l'aborder de manière originale ? Jarry dégaina son revolver, tira dans un miroir puis se tourna vers la jeune femme terrifiée et lui dit : Maintenant qu'on a brisé la glace, on peut causer. »