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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 11:50

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          Lire ce roman après celui de Grisham, c’est sauter à pieds joints dans un autre univers !

          Emile Sever vit seul avec son fils Florian. A eux deux, ils triment dans la ferme familiale, causant peu, ruminant sur leur sort : Florian infirme depuis toujours, Emile, veuf depuis trop longtemps. Le souvenir de la mère, Alma, plane sans cesse au-dessus du duo. Sans avoir prévenu, Emile embauche une servante, qui, va devenir - au bout d’un an - la femme de Florian, parce que le père le souhaite, se sachant malade. Mais Florian n’est nullement attiré par la servante et la servante va voir ailleurs avant de mettre au monde un enfant qu’elle va avoir du mal à aimer avant de lui dévouer un amour exclusif.

          Cet univers âpre empli de non-dits et de secrets qu’on ne révélera jamais sent fort la campagne et l’authenticité. Dans un huis clos aux allures de tragédie, les personnages évoluent chacun dans leur coin sans communication possible entre eux. Une photographie d’un univers où préjugés et méfiance ont hélas ! la vie longue. Certains trouveront ça exagéré, moi, pour avoir vécu dans ce genre de coin perdu, je dirais que c’est assez juste. J’ai aussi apprécié l’absence de jugement de l’autrice vis-à-vis de ses personnages, elle ne prend pas parti, sauf à la toute fin et c’est fait avec panache. Des phrases simples, denses, parfois elliptiques mais toujours bien tournées, collent parfaitement à la rudesse de ce monde rural qui n’est pas non plus dénué de poésie. On pense à Joncour, Cécile Coulon, Mauriac. Un roman vite lu, que signe une autrice québécoise dont je découvre la plume avec plaisir. J’ai beaucoup aimé.

     -  Première lecture de la rentrée littéraire -

« A présent, il refusait de croire que les défunts condamnaient les vivants, si abjectes fussent leurs actions. Il ne croyait pas davantage que les morts veillaient sur ceux qu’ils avaient aimés et qu’ils leur venaient en aide dans les moments de détresse. Au lieu de se jeter à l’eau, il s’étais mis à courir comme un fou pour s’éloigner de la rivière. Alma n’y était toutefois pour rien. Ni Dieu ni personne ne l’avaient protégé. »

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commentaires

Tiphanie 19/10/2020 15:36

Mince alors ça ne me tentait pas du tout, mais comment résister aux références à Joncour et Coulon?

Antigone 11/10/2020 15:05

Le genre de roman qui me plairait ! Merci pour ce billet coup de coeur.

Philippe D 10/10/2020 21:24

C'est ça qui est bien avec la littérature, il existe une telle diversité de livres qu'on peut passer d'un univers à un autre et changer tout à fait de registre !

Ariane 10/10/2020 18:38

Jérôme en avait parlé il y a quelque temps et tu en rajoutes ! Je l'ai déjà réservé à la médiathèque. (par contre ce n'est pas un roman de la rentrée littéraire, il est paru au printemps)

A_girl_from_earth 10/10/2020 01:33

Et le titre s'explique sur la fin, ou en cours de lecture ?^^ C'est la servante ?^^

Violette 10/10/2020 11:37

et tu crois que je vais tout te dire, comme ça? :) Oui, le titre s'explique très bien, plutôt à la fin.

Céline 07/10/2020 12:47

Une bien jolie chronique qui me donne envie de lire ce livre ! je prends note du coup ;)
Bonne journée !

Violette 07/10/2020 17:35

merci Céline, belle soirée à toi!

Jerome 07/10/2020 12:29

Beaucoup aimé moi aussi (surtout l'écriture), même si j'ai trouvé la fin beaucoup trop rapide par rapport au reste.

Violette 07/10/2020 17:36

j'ai bien aimé cette fin bravache !

Géraldine 07/10/2020 10:17

J'ai un peu fréquenté le monde rural dans mes vacances très rurales d'enfance. Mais depuis, non. Je suis une citadine par habitude... Aussi, pourquoi pas faire une incursion dans cette ruralité.

Violette 07/10/2020 10:23

c'est un roman intéressant et agréable à lire !

Aifelle 06/10/2020 13:46

Il s'en passe des choses dans les coins perdus, c'est certain. Je note si j'arrive à la lire pour le mois québécois de Karine.

Violette 06/10/2020 16:04

ah oui, ce serait parfait ^^

luocine 06/10/2020 12:00

Et oui, j'ai peu connu la vie rurale mais je suis d'accord avec toi, pour ce que j'en ai vu c'est un monde d'une dureté incroyable, bien loin du romantisme du retour à la nature ...

Violette 06/10/2020 16:04

avec des mentalités obtuses et des réflexions... médiévales, trop souvent!!!

Daphné 05/10/2020 20:10

Ah, si on pense à Cécile Coulon, cela m'attire forcément!
Daphné

Violette 06/10/2020 16:05

ah je savais que j'allais faire mouche avec l'un de vous !

manou 05/10/2020 17:36

Je n'en ai pas encore entendu parler...C'est bien de faire du tri dans la rentrée littéraire grâce aux avis de nos amis blogueurs...Merci pour ton ressenti, je le note

Violette 06/10/2020 16:05

Cette année plus que jamais, je ne suis pas à la page du tout, je fais ce que je peux ;)

Alex-Mot-à-Mots 05/10/2020 15:18

Intéressant. Tu es en avance sur le mois québecois ;-)

Violette 06/10/2020 16:05

je n'y participe pas et n'ai pas fait exprès mais tant mieux :)

Eve-Yeshé 05/10/2020 14:29

le sujet me tente, je ne l'avais pas remarqué en fait
cette année beaucoup de livres m'ont tentée pour la rentrée littéraire et la liste s'allonge démesurément... Il y a longtemps que cela ne m'était pas arrivé :-)

Violette 06/10/2020 16:06

tu as raison et personnellement, j'ai peu de temps, je n'en découvre pas assez et le regrette sans pour autant participer à cette "course".

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