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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 22:12

        

        Au XIXème siècle, dans une ville de province russe, Katerina est mariée à Tikhon qu’elle n’aime pas. Mais celle qui lui nuit encore plus, c’est Kabanova, sa belle-mère, vieille bonne femme acariâtre, tyrannique, surveillant sans cesse ce que fait son fils, ce que fait sa bru. Varvara, la sœur de Tikhon, est du côté de Katerina, elle l’incite à prendre sa liberté : « Toute notre maison est bâtie sur le mensonge. Moi non plus, je n’étais pas menteuse ; et puis j’ai appris, quand il a fallu. » Cela tombe bien, Katerina est secrètement amoureuse de Boris à qui elle plaît beaucoup justement. Varvara va tout faire pour les rapprocher : lors de l’absence du mari, elle laisse libre un passage au fond du jardin. Les amants se retrouvent une dizaine de nuits mais, au retour de Tikhon, Katerina ne peut supporter d’avoir commis ce péché qu’elle avoue à son mari. Ce dernier serait prêt à pardonner, conscient de vivre un enfer dans cette maison mais la belle-mère l’accable cruellement. Katerina finit par se jeter dans la Volga, son mari veut la retenir au dernier moment mais Kabanova l’en empêche. Un menaçant orage et ses coups de tonnerre prémonitoires ponctuent la pièce et les états d’âme de Katerina.

         Entre drame et tragédie, la pièce est prenante et le rythme bien mené. Si la marâtre déclenche les rouages d’une fin tragique, les traditions ridicules, la religion suffocante et les superstitions russes occupent également une grande place dans le malheur des personnages. Il faut s’asseoir et faire silence avant le départ d’un proche, une épouse doit passer « une bonne heure et demie à se lamenter, couchée sur le perron » au départ de son mari. Une lecture édifiante vraiment intéressante dans un univers sec et sans concession.

        Alexandre Ostrovski (mort en 1886, quand Tchekhov a 26 ans) fait partie des dramaturges les plus importants du XIXème siècle sans être réellement connu en France ; cette pièce a largement inspiré le compositeur tchèque pour écrire son Katja Kabanova en 1921.

 

« Ici, pour une femme, être mariée ou enterrée, c’est pareil. » (et c’est Boris qui le dit…)

 

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commentaires

P
L'extrait est assez révélateur. Je note le titre ainsi que l'opéra de Janacek :-)
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A
Des dialogues qui doivent être passionnants.
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C
Inconnu cet auteur pour moi...et pourtant je connais pas mal d'auteurs russes...comme quoi!
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A
Auteur classique inconnu de mes services. Il va falloir que je m'y penche de près ! Ce serait bien que je trouve cette pièce en livre audio. Je trouve que c'est un support assez adapté aux pièces de théâtre.
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M
J'ai beaucoup de mal à lire du théâtre actuellement mais pourquoi pas faire la connaissance de cet auteur...En tous les cas une pièce qui en dit long sur la place de la femme...
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V
j'ai bien aimé alors que je redoutais un peu cette lecture… ça se lit bien. Le théâtre est trop peu lu mais ça peut se comprendre !
M
Être mariée ou enterrée c’est la même chose ! Brrr quelle horreur ! Décidément la place de la femme n’est pas enviable, d’autant plus quand d’autres femmes (ici la belle-mère) en rajoute !
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V
la place de la femme est rarement enviable finalement… on progresse un peu ^^ mais juste un peu !