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21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 08:35


Résultat de recherche d'images pour "il était une ville reverdy"

         Un ingénieur français, Eugène, est muté à Détroit, ville sur le déclin. Motivé et enthousiaste, il se laisse vite envahir par cette impression stagnante de morosité, d’échec et de vide. Effectivement, les gens quittent cet endroit, les buildings et les usines sont à l’abandon, rien ne va plus. Heureusement pour Eugène, une jolie serveuse, Candice, saura lui remonter le moral. Quelques rues plus loin, Charlie s’amuse, avec quelques copains, à brûler une maison, occupation favorite des gamins de quartier qui disparaissent par dizaines. La grand-mère de Charlie, Georgia, en fera le douloureux constat : s’apercevoir un beau matin que son petit-fils a disparu ! L’inspecteur Brown est chargé de l’affaire mais dans la police, les moyens sont réduits à néant et tout traîne.
         J’ai aimé me promener dans cette ville qui dégringole et que désertent ses habitants. Ces endroits reclus où les enfants font leur loi.  Il y règne une atmosphère à la fois douceâtre et apocalyptique où les dernières âmes semblent être des marginaux. Eugène nage un moment à contre-courant comme un ultime combattant dans une guerre perdue d’avance. Il en ressort une mélancolie poétique assez intéressante. A côté de ça, le gros point faible du roman c’est que l’auteur n’est pas parvenu à m’accrocher à son histoire. Ça vous est sans doute arrivé déjà, on relit une phrase comme si on ne la comprenait pas, on arrive au bout d’un paragraphe, on le relit comme si on avait déjà oublié le début. C’est un auteur que je lis pour la première fois et le style ne m’a pas parlé, la brièveté des chapitres y est pour quelque chose, on passe trop rapidement d’un personnage à l’autre. La fin est réussie car une lueur jaillit dans cette ville faite d’incertitudes, de fuites vers un ailleurs meilleur, une ville fantôme où « Que le dernier qui parte éteigne la lumière. »

 

Les enfants arrivent dans une école déserte, à l’abandon : « Le long des murs, les faisceaux de leurs lampes surprenaient des affiches punaisées listant des numéros d’urgence, promouvant des associations de lutte contre la violence, des placards illustrés sur l’hygiène et la grippe, une feuille jaune annonçant la date de la prochaine réunion des parents d’élèves, il y a deux ans, une feuille verte indiquant le menu de la semaine. Sur le panneau de liège à moitié dévoré par l’humidité, des listes de noms, des horaires, des tableaux d’activités, basket, danse hip-hop, dessin, lecture, gymnastique. »

« L’avenir, même quand il n’y en a plus, il faut bien qu’il arrive. »

« Dieu, bien sûr, mais Dieu on dirait que lui aussi, il a quitté la ville. Georgia en est persuadée. Dieu est parti quand on s’est mis à installer des fontaines à soda dans des centres commerciaux géants,  que tout le monde a eu la télévision en couleur, que les salles de bal se sont transformés en supermarchés de la drogue, qu’on a troué la ville avec pas moins de six autoroutes et qu’on a rasé les quartiers pour construire des casinos en plein centre. Dieu nous aime, c’est sa seule faiblesse, mais une bêtise aussi crasse, quand même, cela a dû le dégoûter »

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commentaires

A
Partir à la découverte de la ville de Detroit me tentait bien à la sortie de ce livre. Mais j'ai attendu des critiques, et finalement, je ne l'ai pas lu. Tu confirmes.
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V
avec un peu de recul et malgré mes bémols, Détroit restera bien présent dans ma tête. Le décor a été bien posé.
U
Je me le note d'autant plus que je n'ai jamais lu cet auteur.
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Z
Je le note caqr j'aime le style de REverdy
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V
alors tu seras ravie!
E
il est dans ma PAL. J'ai beaucoup aimé "Les évaporés" alors j'ai envie de continuer à découvrir cet auteur...
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A
Je crois que tu décris assez bien le style Reverdy, ou plutôt son défaut. Il n'accroche pas, ça reste assez en surface en fait même si le sujet est intéressant et qu'on ne peut pas dire que l'ensemble est complètement mauvais. Enfin, je n'ai lu que les Evaporés et ça m'avait fait cet effet.
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I
J'avais vraiment aimé ce roman, notamment son ambiance qui est, je te rejoins, son point fort. En revanche, j'ai moins accroché aux Evaporés, comme Krol, je n'ai pas réussi à y entrer, malgré une thématique et certaines trouvailles originales.
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V
alors Les Évaporés n'est pas pour moi !
K
Ca m'avait fait le même effet sur Les évaporés. J'étais restée en dehors de l'histoire.
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V
eh bien! je ne suis pas sûre du tout de vouloir relire cet auteur alors… pourtant le contexte était vraiment intéressant.