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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 21:19

 

 

           En toute honnêteté, jamais je n’aurais lu ce livre si on ne me l’avait pas prêté. Et pourtant, la surprise fut bonne !

           « L’homme qui ment », c’est le père de Marc Lavoine, Lucien. Celui qu’il a passé sa vie à adorer et à détester. Il l’a aimé pour son charisme, sa grande gueule, son humour, son courage, sa classe naturelle. Il l’a détesté pour ses adultères à répétition, son alcoolisme morbide, son langage cru. Marc Lavoine est le 2ème enfant de la fratrie ; sa mère, Michou, attendant une fille après Francis, l’aîné, est si déçue qu’elle ne regardera même pas le bébé les premiers jours. Francis et Marc sont fans de leur père. Travailleur aux PTT (comme mon papa à moi !), cégétiste, communiste, bel homme, le papa s’occupe bien de ses garçons, les élève dans une certaine droiture tout en les ouvrant au monde et à l’aventure. Au bout de quelques années, Lucien va voir ailleurs. Il ne le fait pas qu’une seule fois, il ne le fait discrètement puisqu’il en parle à ses fils et que ces derniers le surprennent en pleine action plus d’une fois. Il arrive à gérer trois maîtresses en même temps. Toute sa vie, il sera attiré par la femme du voisin. Lorsque Marc, un soir, annonce à ses parents « je veux être acteur », la réponse « d’accord », simple et encourageante, permettra au garçon de gagner Paris dès le plus jeune âge. Ses parents vont divorcer, sa mère va se morfondre dans une solitude empreinte de nostalgie, son père va multiplier les maîtresses et les épouses jusqu’au jour de sa mort, survenue lors d’une chute.

          Je ne m’y attendais pas du tout mais j’ai beaucoup aimé ce texte qu’on sent authentique et loyal narrant la vie d’un homme à la fois grand et petit, sublime et misérable. Les sentiments ambigus et l’héritage si contrasté ont sans aucun doute poussé l’auteur à écrire ces pages. En lisant les quelques rares lignes de Marc Lavoine évoquant ses débuts de vie d’artiste, on se rend compte qu’il a toujours écrit et cela, avec humilité et sincérité. Ce n’est pas un livre sur lui mais un livre d’amour dédié à son père, à ses qualités et à ses défauts. Une petite chronique d’une enfance malgré tout heureuse, des années 60 et 70, quelque part, dans un gros bourg d’Essonne…

 

« Je n’avais pas les yeux assez grands pour te regarder, papa. Et puis tu me parlais des filles, ça me gênait et ça m’épatait. Tu parlais de fesses joyeusement, tu défendais ton point de vue, citant chansons ou poèmes. Gauguin était invité dans la conversation, « les filles, je les aime bien grasses et vicieuses. »

« Tu es tellement en moi, je suis tellement de toi que, même s’il faut du temps, la somme de nous finit par se répandre, c’est le chaîne du sang. »

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commentaires

PHILIPPE D 12/08/2017 21:12

Moi non plus je ne l'aurais pas lu si on ne me l'avait pas prêté, mais contrairement à toi, je n'ai pas aimé plus que ça. Une déception pour moi qui aime Marc Lavoine, le chanteur !

Violette 16/08/2017 10:59

ah zut! j'ai trouvé ça assez subtil et humble!

sylire 28/07/2017 12:50

La lecture de ce roman a été, pour moi aussi, une bonne surprise.

Violette 28/07/2017 14:13

Ne pas se laisser berner pas des a priori donc...

niki 24/07/2017 12:05

intéressant sujet, mais je ne suis pas trop tentée moi non plus

Violette 25/07/2017 02:03

C'est du déjà vu-lu comme souvent pour les récits autobiographiques, c'est tout de même une lecture plaisante !

Alex-Mot-à-Mots 24/07/2017 10:54

Malgré ton billet, une lecture qui ne me tente décidément pas.

Violette 25/07/2017 02:02

Je ne suis pas fâchée pour autant ;) !

MTG 24/07/2017 08:32

J'aime bien Lavoine en général, il est talentueux et sensible. Comme toi, je n'irais pas acheter ce livre mais si je tombais dessus, pourquoi pas.

Violette 25/07/2017 01:58

Il prouve ici encore sa simplicité et sa modestie.

Emma 24/07/2017 07:50

Ah ben mince, il trainait dans une boîte à lire il y a quelques semaines et je ne l'ai même pas pris, persuadée qu'il n'était pas bien.

Emma 25/07/2017 09:53

Ce n'est pas la raison, Mathias Malzieu écrit très bien. Il me semble en avoir lu que des avis plutôt négatifs, c'est pour cette raison que j'ai passé mon chemin ;)

Violette 25/07/2017 01:48

C'est bien connu : en France, quand on n'est chanteur, on ne peut être écrivain... :)

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