Après avoir aimé La Fractale des raviolis, il me tardait de découvrir ce nouveau roman dont j’avais entendu parler déjà bien avant sa sortie.
Sting aurait pu dire de ce narrateur du début de roman qu’il est « just like the old man in that book by Nabokov », il paraît fuir avec une adolescente fort jolie cachée dans sa voiture. Pascal est un prof de philo célibataire d’une cinquantaine d’années qui ne vit que pour la lecture, Margaux, 17ans, a été son élève, sa meilleure élève, la plus intelligente et la plus mûre de sa classe. Le problème, c’est qu’en plus de son passé sordide, elle est en cavale : un pervers l’a agressée, elle s’est défendue en lui crevant un œil. Pascal l’héberge dans un gîte de vacances le temps de l’été. Avec l’unique voisin, un vieil homme sympathique surnommé Florin, Pascal et Margaux vont former un trio surprenant et attachant.
Florin a un secret, il collectionne les cailloux… pourquoi donc ? Je n’ai pas envie de lever le voile ! Sachez que, comme dans La Fractale des raviolis, les récits les plus rocambolesques s’enchaînent avec une fluidité remarquable, les anecdotes sont plus drôles ou plus terrifiantes les unes que les autres mais… j’ai trouvé un petit plus non négligeable dans ce roman par rapport au précédent. Le lieu, cette mini-tribu, la belle saison de l’été, les cuites qu’ils s’enfilent, les vers luisants qui n’en finissent pas de briller… les pages se tournent délicieusement et exhalent doucettement un parfum de poésie et de magie. Il est fort probable que Giono entende Florin raconter ses histoires qui emmènent le lecteur à travers les âges et les pays. Pour revenir au présent bien réel, Pierre Raufast a l’élégance de remercier tout une flopée de blogueurs à la fin de son roman, chapeau !
« Les si sont des carrefours invisibles dont l’importance se manifeste trop tard. »
Margaux : « Je m’interroge. Oui, je pourrais tourner la page. L’oubli me ferait avancer plus vite. Mais pour aller où ? Dois-je privilégier le chemin ou la destination ? »
Une vérité de Pascal qui m’a fait sourire : « Marié, je n’aurais jamais pu lire autant ! »