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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 10:26

 

 

 - La dernière enquête de Wallander -

 

      Cette lecture  s’est colorée d’une teinte particulière. Pour trois raisons. La première parce que Mankell a disparu quelques semaines plus tôt. La deuxième parce que c’est le dernier tome de cette fameuse série Wallander que j’ai tant aimée et qui m’a fait découvrir ce grand écrivain. La troisième parce que c’était le livre que je lisais pendant les attentats du 13 novembre. Et que j’ai reposé quelque temps parce que lire a été trop difficile. Lire n’avait plus de sens. Ensuite lire a pris tout son sens, justement.

           Wallander a enfin déménagé à la campagne, il a sa maison, il a son chien comme il l’avait toujours rêvé. Comble de bonheur, il a une petite-fille, Klara. Pourtant, on ne peut pas dire que Kurt est heureux, il rumine son passé, il craint pour son avenir qu’il sait ne plus être très long, il a peur de vieillir, il a peur pour sa santé et commence à connaître des pertes de mémoire. Une enquête imprévue qui prend germe au sein du cocon familial va l’occuper quelques mois. Hans, le père de Klara et le compagnon de sa fille Linda présente un jour Wallander à ses parents. Contre toute attente, Kurt-grognon s’entend bien avec Louise et Hakan, un ancien officier de marine. Ce dernier va jusqu’à se confier au commissaire à propos d’une histoire de sous-marin russe repéré sur le territoire suédois… Et puis, Hakan disparaît. Louise éplorée, disparaît quelque temps plus tard avant d’être retrouvée morte. Mais où peut se trouver Hakan ? Est-il vivant, est-il mort ? Linda s’inquiète pour son beau-père.

            L’impression générale de ce bouquin est infiniment triste, pessimiste, voire accablante. J’avoue que j’aurais aimé, moi qui ne suis pourtant pas fan des happy ends, voir notre Wallander aimer, rire, apprécier la vie. Quant à l’enquête, pour la première fois, le lecteur n’en sait pas plus que le policier. L’enquête traîne en longueur comme toujours, elle est entrecoupée de réflexions sur la vie, la vieillesse, l’amour (les deux femmes de la vie de Wallander, Mona et Baiba, ressurgissent). L’écriture et l’humanité de l’auteur sont ses points forts. Une petite lueur pour moi : je n’ai pas lu La Faille souterraine et Meurtriers sans visage, les deux tomes qui débutent la série et que je n’avais pas trouvés. Je vous renvoie aux Chiens de Riga, mon premier coup de cœur (15 ans après cet opus !), découvert en livre audio.

 

Baiba : « J’ai l’intention de mourir avec une bouteille de champagne à mon chevet. Je porterai un toast. Que m’ait été accordée, malgré tout, cette aventure étonnante de naître, de vivre et puis de disparaître une fois de plus dans l’obscurité. »

Wallander à sa fille : « Je me réveille chaque jour avec l’impression que ça passe si vite, si terriblement vite. Et je ne sais même pas après quoi je cours, et si c’est pour le rattraper ou pour lui échapper au contraire. Je cours, c’est tout. Et si je dois être tout à fait sincère… La vieillesse me fait très peur. »

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commentaires

A
Un auteur et une série qu'il me reste encore à découvrir.
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V
quelle chance alors!
B
Je les ai tous lus, les Wallander. Et ils sont tous sur mes étagères...
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V
je regrette de ne pas les avoir tous à la maison, j'en ai empruntés certains.
S
Je n'ai lu aucun de la série des Wallander. Un jour peut-être mais ce n'est pas une priorité car je ne suis pas très polar.<br /> De cet auteur j'avais adoré "les chaussures italiennes", qui n'est pas un polar.
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V
je l'avais adoré aussi. Les polars de Mankell ont quelque chose en plus, ils sont "intelligents" et ouverts à de nombreuses réflexions...
Y
Voir Wallander apprécier la vie dans sa dernière aventure, c'eut été quand même totalement déplacé tant il est dépressif et triste dans tous les romans, néanmoins, ou peut-être grâce à cela, il est mon flic préféré
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V
tu as tout à fait raison, c'est très cohérent et Wallander reste aussi mon flic préféré!
N
Il me reste toute la série des Wallander à lire, je m'en réjouis d'avance !
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V
un conseil : lis-les dans l'ordre, c'est savoureux ! Et oui, tu as de la chance :)
L
Je ne connais pas cet auteur mais je l'ai déjà vu plusieurs fois sur les blogs. Je vais le tenter vu ce que tu en dis. mais pas avec celui-là, trop de pessimisme, non pas pour moi. Je note Chiens de Riga alors. merci pour la découverte
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V
l'ensemble des polars, je dirais même de son œuvre, n'est pas très gai mais pas larmoyante non plus. Je conseille !
C
J'ai eu bien du mal à quitter Wallander aussi... J'ai beaucoup aimé ce dernier titre malgré son pessimisme ambiant, c'est aussi une belle tranche de la relation père-fille qui nous est livré.
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V
oh oui, très réaliste et très juste !
L
Il faut que j'approfondisse ma découverte de cet auteur :)
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V
j'irai même plus loin : il faudrait tout connaître de lui !
J
On sent toute ton émotion à quitter ce personnage que tu as tant apprécié. Chouette billet, sincère et personnel ;)
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V
Merci Jérôme, oui, j'ai été émue comme je le suis finalement assez rarement à la fin d'une lecture.
Y
Je le note quand même... Même s'il est un peu trop pessimiste :(
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V
mais pas lourd et pesant... pessimiste et réaliste finalement !
A
Très intrigant quand tu dis "Ensuite lire a pris tout son sens, justement". Je crois bien que c'est de ce livre que Mankell parlait quand je l'ai vu à une conférence au SDL de Paris. Il le présentait comme son dernier Wallander et parlait justement de son personnage qui vieillissait naturellement et malheureusement mais c'était ainsi, il fallait que sa série soit réaliste.
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V
oui, c'est pessimiste et triste mais réaliste. Qui finit ses jours heureux et en pleine forme et en pleine possession de ses moyens? Bouh, ça m'a filé le bourdon! :) Encore une fois : quelle chance tu as eue de le rencontrer, ce Grand Homme!
A
J'aime beaucoup la dernière citation.
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V
ça me convient très bien, malheureusement...