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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 09:50

 

 

                    7 janvier 2015. Attentat meurtrier au siège du journal de Charlie Hebdo. Luz, un des dessinateurs de la bande, arrive en retard, peut-être parce que c’est le jour de son anniversaire, peut-être parce que son épouse le garde au lit un peu plus longtemps. Il manque l’attentat de peu, c’est même lui qui est un des premiers à prévenir l’extérieur.

                    Comment écrire et dessiner après cela ? Est-ce seulement possible ? « Un jour, le dessin m’a quitté. Le même jour qu’une poignée d’amis chers. A la seule différence qu’il est revenu, lui. » Cette quatrième de couverture donne le ton. Le dessin revient mais il est violent, agressif, hachuré, sombre, à l’image de ce qui se passe dans la tête du dessinateur.

                    Luz tente de raconter « l’après », la perte de ses potes, la surveillance rapprochée, le soutien sans faille de sa compagne, le soutien parfois maladroit des anonymes (tous ces crayons de bois l’agacent), le sang qu’il voit partout, sa conversation avec les morts, la boule au ventre qu’il personnifie comme un monstre ne le quittant plus, … D’emblée c’est le côté brut de décoffrage qui choque, bouscule. Le titre est clair, Luz avait besoin de s’exprimer et même si ça passe par des gribouillis, des taches rouges, des dessins de lui et sa compagne à poil, c’est livré, c’est envoyé, c’est vomi.

                    Bouleversée par ce livre qui semble faire polémique (il faut dire que l’auteur y étale tout : sa vie perso, son cul, sa merde, pour parler aussi crûment que lui !), il me semble cependant nécessaire. Nécessaire à la lutte contre l’oubli parce qu’il faut bien avouer que si cette tragédie a su créer des liens, a soudé les Français, a donné un élan d’espoir, de cohésion, de solidarité et tout le toutim, on l’a bien vite oubliée. Bien sûr que Luz, premier concerné, ne peut oublier. Pour répondre à Mo’ qui parle de cette BD mieux que moi, oui, moi aussi j’ai ressenti un malaise à cette lecture impudique mais ma théorie dit qu’après un drame, on a tous les droits, ou presque. Ce n’est pas pour le lecteur que je m’inquiète mais pour le dessinateur…

                     Yaneck ne nous livre plus son classement mensuel des BD (hélas ! …. Merci à lui pour toutes ces années !) mais j’ai envie de continuer à noter mes lectures. Et je suis d’ailleurs bien embêtée pour cette BD-là qui n’en est pas vraiment une…

 

18/20

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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commentaires

Moka 23/06/2015 08:43

Une de mes prochaines lectures.

Violette 23/06/2015 14:51

couvre-toi, équipe-toi, arme-toi avant...

yuko 08/06/2015 09:39

J'avoue qu'il m'intrigue :)

Violette 08/06/2015 11:14

il vaut mieux être bien préparé psychologiquement avant lecture...

A_girl_from_earth 05/06/2015 23:14

Rude tout ça. Le souvenir pour moi est toujours là. Comment oublier ? Je ne sais pas si je serais prête à lire cet album, même si l'intérêt est là.

Violette 08/06/2015 11:15

quand je disais que l'événement a été oublié, je voulais dire qu'on est loin du tapage médiatique de janvier. Les médias n'en parlent plus.

saxaoul 04/06/2015 22:09

Je le regarderai si je tombe dessus en librairie ou à la médiathèque mais je ne suis pas certaine que ça me plaise.

Violette 04/06/2015 22:28

ce n'est pas fait pour être joli ni passionnant. C'est fait pour se souvenir... et pour soigner un peu notre dessinateur...

Noukette 04/06/2015 18:06

Une lecture que je ne me sens pas encore prête à faire...

Violette 04/06/2015 21:27

je peux le comprendre, ça m'a bouleversée...

Alex-Mot-à-Mots 04/06/2015 13:56

Nécessaire ? Je n'aurai pas dit ça au vue du sujet.

Violette 04/06/2015 21:27

comme un devoir de mémoire, oui.

jerome 03/06/2015 13:07

Comme je 'lai dit chez Mo', je pense que c'est trop intime pour moi. Mais je comprends la démarche et ce besoin de raconter "l'après".

Violette 03/06/2015 14:22

je comprends aussi que ça puisse rebuter, je ne suis pas une adepte des autobio à la manière d'Ernaux

Mo 03/06/2015 08:29

J'ai moins ressenti ce côté agressif que toi. Je l'avais perçu comme de l'abattement et beaucoup de cynisme, finalement.
Ca me rassure quelque part de savoir que je ne suis pas la seule à être gênée par certains passages. Je n'ai pas été heurtée, un cul reste un cul et on en a vu d'autres ^^ Mais là, j'avais parfois trouvé les scènes impudiques. Merci pour tes retours. Tes propos sonnent justes, tu es très sincère par rapport à ta lecture.

Violette 03/06/2015 10:40

je t'en prie, Mo'! :) La lecture a été une manière de revivre ce qui s'est passé, d'où le côté agressif que j'ai ressenti ... Impudique, oui, j'ai surtout pensé à sa compagne (bien "réelle" et journaliste si je ne m'abuse) qui a été dessinée sur toutes les coutures. La vie privée du couple n'a plus de secret pour le lecteur. Si c'est un choix de l'auteur, c'est son problème finalement...

claudialucia 02/06/2015 23:26

Effectivement ce doit être une catharsis et on le comprend! je suis d'accord avec toi, la violence qu'il a subie entraîne la violence des sentiments et il en a bien le droit.

Mo 08/06/2015 06:21

Tu as raison Violette, c'est son problème. Mais il a déjà tellement été épié par les médias que je ne sais pas s'il était nécessaire d'en jeter une couche supplémentaire ^^ Cela dit, à mesure que je prends du recul sur cet album, je me rends compte que j'en apprécie davantage le contenu

Violette 03/06/2015 10:42

on est d'accord alors. C'est le mot "résilience" qui est à activer maintenant ...

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